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 ALPHÉDOR ∞ reconcile the violence in your heart (terminé)

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Alphédor Percereth
Alphédor Percereth
CHEVALIER DE WARMINSTER
∞ Profession : Chevalier et seigneur de Warminster
∞ Printemps : 23 ans
∞ Missives : 353
∞ Début de la quête : 04/08/2012

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MessageSujet: Re: ALPHÉDOR ∞ reconcile the violence in your heart (terminé)   ALPHÉDOR ∞ reconcile the violence in your heart (terminé) - Page 2 EmptyJeu 23 Aoû - 21:32

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I want to reconcile the violence in your heart I want to recognize your beauty's not just a mask I want to exorcise the demons from your past I want to satisfy the undisclosed desires in your heart

Le soleil commençait à se faire moins chaud, plus doux, et sa lumière descendante dispersait un halo de lumière orangée sur nous trois. Le vent s'était levé en prime, et contrairement à tout à l'heure dans le feu de l'action, je le sentais à présent, accompagnant mon moindre souffle. Je devais me retenir de bondir sur ce malotru et je lui ouvrir la gorge, parce que franchement, cette nouvelle pulsion me donnait des crampes tant que je me forçai à rester immobile. L'homme changea son rictus en un faussement malin. Je m'apprêtais à mettre fin à ma tourmente lorsqu'Erica se glissa derrière moi, posant une main sur mon épaule. Son contact encore glacé par l'eau me rafraîchit, déclenchant une nouvelle vague de frissons dans tout mon corps. Quelle chance il avait. Sans Erica, il serait déjà mort et je n'aurais pas même pris la peine de l'enterrer.

Il faut croire néanmoins qu'il était plus stupide qu'il n'en avait l'air, car il remarqua à voix haute l'alliance d'Erica, me ramenant aussi brusquement à la réalité. C'est vrai qu'elle était mariée. L'entendre à voix haute me faisait l'effet d'une douche froide, alors que pourtant je le savais. Le sentiment de culpabilité m'envahit cette fois, alors que je repensais à ce que nous avions fait. Erica me sortit de ma torpeur en reprenant la parole, visiblement agacée par les paroles de l'homme. La jeune épouse Southminster lui adressa des menaces sous-jacentes d'une voix si plate et calme que j'en frissonnais moi même. Il était impossible de s'y méprendre, elle était sincère dans ce qu'elle disait. S'il l'y contraignait, elle le ferait. Elle commença par dire qu'il lui faudrait prouver sa valeur pour obtenir un titre, et que pour le moment, c'était mal parti. La jeune femme savait y faire. Je la regardais, apprenant aussi de cet art doucereux qu'était celui de la manipulation. « Je pourrais soutirer la fine dague qui se trouve dans le fourreau à la droite du chevalier et aiguiser la lame contre votre gorge, et personne n'en saurait rien » Comme pour donner plus de sens encore à ses paroles, je remarquais que le soleil semblait avoir diminué d'intensité à nouveau, comme renforçant le fait qu'un seul coup rapide du poignet suffirait à cacher son existence à la face du monde pour toujours.

La jeune femme sembla avoir marqué un point, lorsqu'elle reprit la parole, à en juger par l'air abasourdi et peu rassuré de l'homme. « Je vous ai donné ma parole, je peux vous retirer à jamais votre capacité à user de la vôtre si vous n'implorez pas à l'instant mon pardon, sans oublier d'adresser vos excuses au seigneur ci-présent qui, je dois l'avouer, fait preuve d'une patience infinie envers vos manières rustres et désolantes... » La voir inspirer tant de crainte d'une façon si forte et à la fois féminine et masculine me remplit d'une fierté incommensurable. Elle savait jouer dans la cour des grands, aucun doute là dessus. Restait à savoir s'il restait un demi-neurone de bon sens à l'intrus pour se soumettre platement. Il la regarda un instant. Il devait se dire que de toute manière, il possédait son secret, et le mien. Un frisson d'agacement me parcourut à nouveau, alors que je croisais le regard d'Erica. « D'accord, pas besoin de me menacer! Et moi qui croyait qu'on commençait à devenir amis! Je les aurais, ce que j'ai demandé, ma'am? » C'en était trop. Attrapant la dague d'une seule main, je la lui collais contre la gorge. « C'est madame. Et je crois que la dame a demandé des excuses. » Je n'en avais que faire des miennes, qu'il s'excuse pour son affront auprès d'une si tendre créature. Il soupira légèrement, mais je raffermis la pression sur sa gorge et s'excusa, en y mettant une conviction mitigée. « Pardonnez-moi, madame. » Ravi de voir qu'il apprenait vite, je m'écartai d'un demi-centimètre, puis finalement je le laissais. « Je vous donnerai un titre. Les terres seront nécessairement sur le pays Southminster. Mais vous devrez prouver votre valeur pour les garder. Pour une épouse, ce sera à vous de vous décider. » Je l'avais vouvoyé, comme si la promesse de son titre, même de bas étage, prenait déjà effet. Je n'en tins pas compte, mais son sourire montra que lui oui. Je n'allais pas laisser Erica régler ce problème toute seule. Après tout, j'étais aussi responsable qu'elle, voire plus. Et puis, j’avais plus d'influence, on questionnait moins mes choix que ceux des Southminster. « Quant à l'enrôlement dans l'armée.. C'est à madame de décider. » Je ne pouvais pas décider de son escorte personnelle, c'était son choix. J'avais donné, justifiant ma part de responsabilité. Nous étions encore plus liés, tenus au secret d'une autre façon maintenant. Je ne savais pas si je devais m'en réjouir ou non. Si quelque chose nous tombait dessus, nous l'affronterions alors, ensemble.

Je commençais à me lasser de ce petit jeu, c'était la raison pour laquelle je rangeais la dague dans son fourreau, et me dirigeant vers la charrette pour récupérer mes biens, je lui lançais d'un air froid et distant. « Si vous mentionnez ceci une fois, sous n'importe quelle forme, je m'occuperai de votre cas. Votre nom sera effacé, vos actes oubliés. Plus personne ne saura que vous avez existé, pas même votre propre mère. Vous mourrez lentement, seul, dans la douleur. J'espère que je me suis bien fait comprendre. »
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Erica Southminster
Erica Southminster
PRINCESSE DE SOUTHMINSTER
∞ Missives : 106
∞ Début de la quête : 18/08/2012

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MessageSujet: Re: ALPHÉDOR ∞ reconcile the violence in your heart (terminé)   ALPHÉDOR ∞ reconcile the violence in your heart (terminé) - Page 2 EmptySam 25 Aoû - 5:13

    ALPHÉDOR ∞ reconcile the violence in your heart (terminé) - Page 2 Tumblr_m7y3gdsQ9l1rblmpdo1_500
    Le soleil s'était levé ce matin sans laisser présager que de tels évènements se produirait durant les heures où ce dernier se prélasserait avec candeur dans les hauts cieux, tout près de Dieu. Le soleil plombant de la fin d'après-midi avait attisé le désir, ne serait-ce qu'à croiser le regard du cheval après qu'il reprenne le contrôle sur l'embuscade dont nous avions été victime. C'était un soleil plus indolent qui avait illuminé cette passion consumée, quoique toujours parfaitement perceptible dans mes veines, dans chaque membre dans mon corps. Il était courbaturé, sans doute souffrirais-je d'ecchymoses et de douleurs pendant un temps, mais le jeu en valait la chandelle, ce qui arriva par la suite - ce avec quoi nous devions présentement composé - n'arrivait même pas à me convaincre de regretter mon écart à ces promesses faites sur l'autel de la chapelle de Southminster, devant mon père et les miens. Étais-je intérieurement si laide que la luxure possédait ma conscience, bien avant les convenances, les responsabilités et les devoirs? Je n'osai pas pousser ma réflexion plus loin, j'avais d'autres chats à fouetter de toute façon. Ce malheureux contre-temps semblait s'éterniser, et malgré ma promesse plutôt avantageuse comparativement à ce premier sort qui lui était réservé, l'homme tentait d'en soutirer encore et encore au point de me lasser. Sans doute aurais-je céder à cette solution si facile de le laisser là à se vider de son sang après l'avoir empalé sur une lame, ou bien de lui couper la langue - un voleur de sa trempe ne savait vraisemblablement pas écrire - sans la présence d'Alphédor à mes côtés. Il était plus fougueux, et je devais concilier mon propre tempérament afin de contre-balancer les manières du seigneur de Warminster. Mes propos devenaient de moins en moins cordiaux, plus imagés, décidément plus chargés d'une envie de tirer tout au clair une bonne fois pour toute. S'il se montrait aussi peu coopératif, l'idée d'enterrer le témoin commencerait à foisonner dans mon esprit comme une éventualité envisageable. Je n'étais pas la patience incarnée, je n'avais aucune tolérance pour ces personnes sans fierté ni honneur, où l'orgueil supplantait la logique et la diplomatie. Il en ressortait affublé de terres et d'un titre, possiblement d'une femme même, pourquoi s'entêtait-il bêtement à exiger plus de nous? C'était si futile, même pour un voleur, de se laisser dicter son comportement par de si peu nobles motivations...

    « D'accord, pas besoin de me menacer! Et moi qui croyait qu'on commençait à devenir amis! Je les aurais, ce que j'ai demandé, ma'am? ». Je n'eus pas le temps d'esquisser le moindre geste que la lame du chevalier était à un cheveu de taillader la chair du cou du bête personnage qui venait de prouver de nouveau de son comportement indigne à quel point l'offre octroyée était bien au-delà de la générosité dont on l'avait gratifié... « C'est madame. Et je crois que la dame a demandé des excuses ». Ces valeurs chevaleresque, telles le courage, la hardiesse, la noblesse, la galanterie et la détermination, avait de quoi me réchauffer le coeur. Il s'agissait des traits de caractère que j'avais pu percevoir chez Alphédor Percereth, même retenu captif sur les terres de Southminster, même s'il avait toutes les raisons du monde de refuser de m'adresser la parole quand j'avais visité les lieux de sa captivité. Il les affublait de nouveau, à ce moment précis, et cela me mis un baume sur le coeur de savoir que cela existait encore aujourd'hui, en ces temps troublés, des hommes qui méritent l’appellation de chevalier. Plus fascinée par Alphédor que par le sort peu enviable du mécréant, je finis par faire glisser - en me faisant violence - mon regard vers l'étranger quand celui-ci s'excusa d'une voix faible, comme s'il prenait enfin conscience de la teneur de nos paroles « Je vous octroie mon pardon, selon les principes de l'église catholique, mais il n'en sera pas toujours ainsi. Je suis plus clémente envers de vulgaires voleurs qu'avec les gens titrés, rappelez-vous en ». Il me regarda, baissant légèrement le menton en guise de soumission, du moins c'est ainsi que je le compris en le voyant se taire, pour une fois. Ramenant à l'ordre du jour la faveur dont il était bénéficiaire, il s'assagit alors que l'emprise du seigneur Percereth s'allégeait autour de son cou, lui donnant l'occasion d'avaler de précieuses bouffées d'air en ce coucher de soleil particulièrement sombre « Je vous donnerai un titre. Les terres seront nécessairement sur le pays Southminster. Mais vous devrez prouver votre valeur pour les garder... ». Je sursautai légèrement en tournant la tête vers le chevalier, mordant inconsciemment l'intérieur de ma joue, comme chaque fois que l'on me prenait en défaut ou au dépourvu. Je n'avais pas la moindre envie que l'on puisse associer le seigneur célibataire de mes tares et de mon incapacité à me tenir loin des tentations. Il était un homme bon, pratiquant la luxure comme un art dans lequel il excellait tout particulièrement, mais en possédant ce droit divin de vaquer à cela sans avoir d'attache et lui être obligé corps et âme « Quant à l'enrôlement dans l'armée.. C'est à madame de décider ». Je passai la main dans ma chevelure dénouée, la ressemblant d'un côté de mon visage, la mâchoire crispée. Je ne jubilais pas à l'idée de voir un escroc gérer la sécurité de Southminster, et je ne saurais me pardonner d'avoir fait monter le rat dans le navire « Savez-vous seulement ce qu'est le devoir d'un soldat, monsieur? Il ne s'agit pas de se prélasser et de somnoler sa garde, mais de dévouer son existence entière à assurer la sécurité de ses terres et des bonnes gens qui y résident. Un soldat est pieux, honnête, courageux et docile. En cela je ne vous reconnais pas, travaillez vos manières en tant que noble et vous pourrez par la suite prétendre à ce titre ». J'avais un grand respect pour les seigneurs de la guerre, pour les combattants, les vétérans et pour ceux qui mettaient leur vie en jeu pour protéger les nôtres, la vie d'étrangers et des membres de leur famille. On naissait noble, mais pas soldat. Un simple hasard peut faire d'un paysan un noble, mais on ne devient pas soldat du jour au lendemain. Comme érudit. Je me montrai suffisamment ferme pour que l'on insiste pas sur ce sujet potentiellement délicat, mon impatience et ma lassitude transparaissant finalement par-delà mes traits...

    Les avertissements du seigneur de Warminster étaient une promesse silencieuse de rattraper le temps perdu si, comme il le percevait sans doute aussi bien que moi, l'homme se montrait indigne de notre clémence. Alors que le chevalier s'éloigna légèrement pour attraper les pièces de son armure subtilisé près du lac, je m'approchai de l'étranger, cherchant à adoucir mon visage et mes mouvements. Délassant mes membres en quelques pas, mon timbre de voix descendant d'un cran, je peux enfin souffler en lui dictant d'autres consignes « Revenez ici dans trois lunes et j'aurai votre titre en main, couché sur papier. Vous chevaucherez ensuite jusqu'à Southminster, où vous aurez un toit et une femme dans votre lit ». Mon calme apparent ne tint pas façade bien longtemps que je redevins plus inquisitrice par la suite, nettement moins conciliante « Comptez sur moi, monsieur, pour participer activement à la promesse que viens de vous faire le chevalier si vous avez la mauvaise idée de même songer à ce moment précis. Disparaissez maintenant ». Le seigneur Percereth avait récupéré ses effets, en plus de ma tenue plus habillé que ce mince jupon dans lequel je frissonnai avec le soleil qui disparaissait de l'horizon. En brave serviteur, il n'attendit pas une seconde invitation pour tirer sa révérence, et je le regardai s'éloigner, un pincement au coeur, avec cette sensation de peur au ventre qui, je me doutais bien, ne me quitterais pas de sitôt...

    Je me retournai vers le chevalier, incapable de faire disparaître de mes traits l'inquiétude et la peur qui m'enserrait les entrailles. Peur pour mon sort, peur pour le sien, peur pour les victimes d'un chamboulement provoqué par notre péché de chair. L'inquiétude de m'être laissé berner par ma clémence, de ne pas avoir agit en fonction de protéger le nom et l'image de ma famille. Je me laissai tomber au sol, frissonnant de plus belle, attrapant mon visage entre mes mains en me faisant violence pour ravaler mes larmes de frustration et d'exaspération. Je me faisais horreur d'être si faible, de ne pas avoir eu la force de lui enfoncer moi-même l'épée du chevalier dans le coeur. Relevant péniblement la tête, me retrouvant à confronter le regard d'Alphédor Percereth avec un pincement au coeur « Je vous ai placé dans un embarras si grand que je ne saurais trouvé les mots pour tenter de m'en excuser ». Ma respiration saccadée, mes paumes glissent sur mes genoux alors que je secoue la tête, soudain furieuse plus qu’atterrée « C'était une erreur de le laisser partir, j'en suis consciente monseigneur, mais je suis encore assez bête pour croire en l'humanité des hommes peut parfois transcender l'appât du gain et du pouvoir... ».
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Alphédor Percereth
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MessageSujet: Re: ALPHÉDOR ∞ reconcile the violence in your heart (terminé)   ALPHÉDOR ∞ reconcile the violence in your heart (terminé) - Page 2 EmptySam 25 Aoû - 15:54

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L'atmosphère était à présent celle d'une fin de soirée de vacances, à ceci près que ni elle ni moi n'étions libres. Il ne m'avait fallu que peu de temps pour comprendre à quel point la menace que cet homme nous posait était un dilemme. J'étais persuadé qu'Erica l'avait compris aussi. C'était assez ironique. Elle qui quelques minutes plus tôt avait tout faire pour exacerber ma passion, maintenant retenait mes ardeurs. Sa miséricorde était une qualité, une qualité indéniable que je ne possédais pas. Malgré tous ces actes et toutes ses paroles, elle lui octroyait encore et toujours son pardon, jugeant peut-être que seul Dieu puisse lui en vouloir. Dieu est puissance, Dieu est amour, ne disait-on pas après tout? Je pouvais sentir, moi habitué de ses traits fins, lorsqu'elle perdait patience, lorsque ses émotions déraillaient. Mais, j'ignorais comment, elle finissait toujours par se reprendre, offrant à ce mécréant une chance qu'il ne méritait pas. Quant à moi, était-ce la couardise de lui désobéir ou simplement le respect que j'avais pour elle qui retenait mes coups? Je n'en savais rien. Mais eus-je été seul, le malfrat n'aurait jamais eu de si précieuses minutes de vie. Erica sembla vraiment étonnée de ma réaction lorsque je lui proposais de m'occuper des terres de l'homme. Je n'avais plus le choix. J'étais coupable, autant qu'elle, je devais l'aider. Tant pis si nous plongions dans un océan de passion, un tissu de mensonge, peu m'importait. Au moins nous serions tous les deux, et rien, plus rien ne pourrait éteindre la flamme du désir qui brûlait toujours en moi.

Mes menaces prononcées, je prenais une inspiration et commençais à farfouiller dans la charrette de l'homme. J'y retrouvais mon épée à une main, des bouts de mon armure éparpillés par là. Ma chemise et mon pourpoint étaient restés sur la plage, il faudrait sans doute repasser les prendre sur notre chemin du retour. La journée touchait à sa fin, et avec elle notre étreinte. Si j'avais pu la garder avec moi plus longtemps, je l'aurais fait. Peu m'importait le prix, je ne vivais que dans l'attente de son toucher. Il m'avait fallu plus de temps que je ne pensais pour m'en rendre compte, mais aujourd'hui, c'était devenu clair. Je savais que je la voulais, elle, tout de suite, tout le temps. Le reste n'avait pas d'importance à mes yeux. Une minute plus tôt néanmoins, j'aurais pu marcher dans Warminster et crier ma passion pour elle si personne ne m'avait arrêté. Je devais alors m'estimer heureux qu'elle était là pour me raisonner et ne pas causer notre perte à tous les deux. Jetant nos effets en dehors de sa charrette, je vis qu'Erica s'était approchée de lui, lui murmurant des mots que je n'entendais pas. Je l'observais un instant par dessus le bois, et bien vite, l'homme repartait, avec une légère révérence. Erica se tourna vers moi. Je vis dans son regard qu'elle était désemparée. Son masque de force et de conviction qu'elle s'était forgé tomba, laissant entrevoir une créature plus brisée que je n'avais imaginé. Elle s'effondra, ses genoux touchèrent le sol alors qu'elle semblait meurtrie par le simple poids de l'air sur ses épaules. Stupéfaits, je ne réagis pas immédiatement. Jamais je ne l'avais vue dans un état pareil. « Je vous ai placé dans un embarras si grand que je ne saurais trouvé les mots pour tenter de m'en excuser. C'était une erreur de le laisser partir, j'en suis consciente monseigneur, mais je suis encore assez bête pour croire en l'humanité des hommes peut parfois transcender l'appât du gain et du pouvoir... » Comme si plus rien ne comptait, je n'écoutais que mon coeur et allait m'accroupire devant elle. Je lui pris les mains dans les miennes, appliquant de douces caresses sur ses doigts, le dos de ses mains. Je ne savais pas quoi dire pour la calmer. Elle semblait s'en vouloir à un point que je ne pouvais concevoir, et je me sentais coupable de ne pas trouver les mots. Approchant mon visage du sien, je remontais mes mains jusqu'à son cou, puis ses joues. Je replaçais une mèche de cheveux qui collait à son si beau visage derrière son oreille, avant de tenter de la réconforter d'une voix douce. « Ce n'est pas de la bêtise, madame. Vous avez la faculté de voir le bien chez tout le monde. Mais tout le monde n'en est pas digne. Ne vous blâmez pas. » Elle était d'une immense bonté, et ce qui lui arrivait, ce qui lui était arrivé dans sa vie n'était pas juste. Elle avait été mariée à une brute, un mari qui ne se souciait pas d'elle. C'était le sort de beaucoup, mais maintenant que cela me touchait plus, je me sentais malade rien que d'y penser. Je l'attirais contre moi, caressant doucement ses cheveux. « Nous allons nous en sortir, je vous le promets. Nous l'avons toujours fait, n'est-ce pas? Vous souvenez-vous? Nous l'avions échappé belle. » Je faisais référence à lorsque j'étais en captivité dans son fief. La première fois, elle m'avait rendu visite. Mais nous avions réitéré plusieurs fois avant que je ne finisse par me libérer. Un matin, son mari rentrait de la chasse qu'il était parti faire pour s'éclaircir les idées sur mon sort, et il cherchait Erica.. qui s'était endormie dans mes bras. Heureusement qu'il n'était pas homme discret. Cette anecdote me fit sourire, bien qu'il n'y avait aucune raison pour que ça soit le cas. Je ne voulais pas qu'elle s'en veuille. Ce qui était fait était fait. « Vous ne m'avez causé aucun tord, madame. Je vous aurais suivie jusqu'au bout du monde, me l'eussiez-vous demandé. »
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Erica Southminster
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MessageSujet: Re: ALPHÉDOR ∞ reconcile the violence in your heart (terminé)   ALPHÉDOR ∞ reconcile the violence in your heart (terminé) - Page 2 EmptySam 25 Aoû - 22:19

    ALPHÉDOR ∞ reconcile the violence in your heart (terminé) - Page 2 Tumblr_m7y3gdsQ9l1rblmpdo1_500
    L'instant où je m'effondrai au sol, sentant mes genoux me lâcher et mon coeur bondir dans ma poitrine, menaçant de remonter encore plus haut dans ma gorge, fut le pire moment de mon existence. Mon orgueil blessé de m'être fait prendre au dépourvu par un si futile personnage me remplissait d'une colère profonde envers mon manque de prudence. Mon âme torturée par le mal que je ferais si jamais cela, peu importe ce que c'était entre le seigneur de Warminster et moi, venait à se faire entendre des oreilles des principaux concernés. Mon corps meurtri de ce plaisir qui me paraissait déjà oublié, soudain assailli par une fatigue immense qui s'expliquait par le poids de culpabilité. Je me savais ne pas être foncièrement mauvaise, pas la plus respectable disciple du Seigneur non plus, et cela me faisait horreur de me sentir aussi brisée intérieurement que de laisser vagabonder mes pensées et mes désirs, devenant si capiteux et irrésistibles que je ne pouvais me résoudre à me raisonner. Sans doute était-ce l'homme qui me faisait prendre conscience de la gravité de mes actes et de la portée des conséquences que cela engendrerait, encore me fallait-il imposer un tel fardeau au chevalier qui m'avait épargné, bien avant que le soleil se couche, bien du désarroi. En guise de remerciement, je le laissais épargner un témoin fort gênant de cette passion qu'il m'inspire, ce désir qui me consume chaque fois que mon regard s'éternise un peu trop longtemps, plus d'une fraction de seconde, qui pouvait à tout moment rompre son voeux de silence afin d'obtenir plus encore que ce que je lui octroyais pour l'acheter. D'emblée, Alphédor se proposa à participer à ce sacrifice offert pour acheter un homme, me rendait encore plus effroyablement redevable envers lui. Si Dieu lui-même tendait l'oreille sur mes lamentations, il m'entendrait lui implorer que l'on me confonde moi, et non lui. De sa brillante carrière de chevalier, de son titre de noblesse depuis longtemps acquis des Percereth, sa position assise à la seigneurie de Warminster, je me retrouvais être tout simplement la femme d'un homme titré que j'avais épousé à l'aube de mes quinze ans...

    J'aurais voulu reprendre le contrôle comme si j'avais si longtemps pu le faire, alors que tout rempart en mon sein s'écroulait les uns après les autres, désillusionnée de cette passion ardente qui finirait par avoir ma tête. J'aurais voulu lui épargner ce faciès brisé qui contrastait affreusement avec celui de femme forte que j'affichai depuis le début de l'entretien du voleur et de cette créature féline et charmeuse qui m'avait attiré de nouveau les faveurs du chevalier. Je ne parvenais qu'à maîtriser l'eau qui me montait aux yeux, refoulant des larmes vexantes et honteuses qui menaçaient de rouler sur mes joues. Préoccupée de sauver les ultimes apparences, je ne m’aperçus point de la proximité retrouvé avec le seigneur de ces terres. Je frissonnai pourtant lorsque sa peau entra en contact avec la mienne, que ses paumes chaudes réchauffent mon cou, ma nuque et mes joues. Le tissu fin et vaporeux ne retenait aucune chaleur, et je fermai les yeux en baissant légèrement le menton sous le bien-être que ce simple effleurement m'inspirait à l'instant « Ce n'est pas de la bêtise,madame. Vous avez la faculté de voir le bien chez tout le monde. Mais tout le monde n'en est pas digne. Ne vous blâmez pas ». Je mordis ma joue pour ne pas laisser ma lèvre trembler. Lui qui s'avérait être un amant divin se montrait sous un jour que je lui soupçonnais sans jamais eu affaire à lui. Je me laissai ramener contre lui, me blottissant au creux de ses bras avec un plaisir non-dissimulé, rassemblant mon corps entier pour que le maximum de surface frôle même un instant la silhouette confiante, solide et chaude du chevalier. Les battements de mon coeur redevinrent plus normaux, s'apaisant légèrement à son contact. Je n'avais pas ressenti cette quiétude auprès de qui que ce soit depuis la mort de mon propre père... « Nous allons nous en sortir, je vous le promets. Nous l'avons toujours fait, n'est-ce pas? Vous souvenez-vous? Nous l'avions échappé belle. ». Je reculai légèrement pour croiser le regard du seigneur de Warminster, le soupçonnant de sourire à l'évocation de cet évènement passé où, encore une fois, les risques étaient énormes pour ne passer que quelques minutes contre lui à somnoler d'un sommeil réparateur blottie au creux de ses bras. Un sourire se fraya un chemin jusqu'à mes lèvres, certes formant un trait fin, mais c'était déjà cela, c'était bien mieux qu'une larme ou un sanglot. Inconsciemment, j'étirai mon cou pour déposer un baiser sur la mâchoire du jeune seigneur avant de fourrer mon nez contre sa nuque, mes traits glacés soudainement inondés d'une chaleur émanant de lui. Je restai un temps immobile, profitant de ce répit inopportun pour souffler entre ses bras. Il est vrai que je me sentais en sécurité à son contact, en sa présence, maintenant plus que jamais. Cela m'insuffla suffisamment de chaleur que je parvins à me défaire de la boule qui nouait ma gorge « Il est vrai que mon impatience à me retrouver contre vous me fait perdre ces notions élémentaires que sont la discrétion et la vigilance, monseigneur ». Cela n'était absolument pas nécessaire de le nier, les risques que je prenais pour l'approcher lui, même pour l'effleurer du bout des doigts, dépassait mon entendement. Me l'entendre dire à voix haute ne me troubla pas autant que je l'aurais cru, cependant « Vous ne m'avez causé aucun tord, madame. Je vous aurais suivie jusqu'au bout du monde, me l'eussiez-vous demandé ».

    Un frisson traversa mon échine, commençant dans la nuque pour échouer quelque part dans le bas de mon dos. Ne pas voir son visage me déplaisait, mais l'idée de ne pas être capable de m'empêcher de sceller mes lèvres contre les siennes m'effrayait tout autant. Ma paume se crispant autour de l'étoffe qui habillait son torse, un sourire énigmatique collé aux lèvres, je me surpris à répondre à ces propos pleins de sous-entendus et de promesses que l'on ne saurait tenir malgré notre bonne volonté «J'ai mis en péril votre intégrité en ces temps périlleux, messire, en cela je vous ai porté préjudice. Sachez seulement que c'est à mon grand désarroi, loin de moi l'envie de vous nuire ». Prenant bien conscience que bientôt le soleil disparaîtrait pour renaître demain, au chant du coq, je dus me faire violence pour étirer légèrement mes jambes, endolories d'avoir été si longtemps repliée sous moi. Cela me força à m'éloigner du chevalier Percereth, m'octroyant un instant de lucidité. Je pourrais céder de nouveau, m'offrir à lui encore et encore, sans jamais me rassasié de l'homme complètement. De lui, je serai toujours assoiffée et affamée, cela me heurta comme une vérité absolue. Attrapant du bout des doigts l'étoffe de ma robe, tout près, laisser sur le sol à tout hasard, je songeai à l'enfiler, mais j'eus besoin d'être franche, après tout nous étions tenus au secret depuis un moment déjà, penchant légèrement ma tête en le regardant « Il semblerait que nous devrons mettre fin à ces instants qui nous appartiennent dès que nous poserons pied à votre château, vous en êtes bien conscient comme moi ». Le savoir et ressentir le moindre envie d'appliquer cette évidence était deux choses. L'eau fraîche qui gorgeait encore mes cheveux me donnait l'impression de souffrir de fièvre. J'enfilai donc de nouveau ma robe, me rappelant que ces instants volés ne seraient jamais possible que dans des endroits reculés, tels une cellule ou l'un boisé. Le froid était donc mon doux compagnon lorsque je redevenais à peu près lucide, légèrement anesthésiée, après avoir m'être consumée pour un temps au rythme capricieux de la passion qu'il inspirait...
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Alphédor Percereth
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MessageSujet: Re: ALPHÉDOR ∞ reconcile the violence in your heart (terminé)   ALPHÉDOR ∞ reconcile the violence in your heart (terminé) - Page 2 EmptyDim 26 Aoû - 15:19

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I want to reconcile the violence in your heart I want to recognize your beauty's not just a mask I want to exorcise the demons from your past I want to satisfy the undisclosed desires in your heart

Je sentais son coeur battre contre le mien alors qu'elle se blottissait dans mes bras. Je la serrais contre moi alors que comme par empathie, son malaise me gagnait aussi. Ceci nous avait simplement montré qu'à fore de jouer avec le feu, l'on finissait pas se brûler. J'avais beau avoir pensé que cela n'arrivait qu'aux autres, c'était faux, et il m'avait fallu aujourd'hui pour m'en rendre compte. Nous avions réussi à nous en sortir, mais pour combien de temps encore? Combien de temps jusqu'au prochain mensonge, jusqu'à ce que l'homme ne révèle tout, sous l'appât du gain, ou la contrainte? Pas longtemps, malheureusement. La prochaine épreuve se présenterait assez tôt pour ne nous laisser aucun répit. A force de blasphémer, de pêcher, aujourd'hui nous et notre famille était en danger, et les choses n'auraient aucune raison de s'améliorer, à moins que nous décidions de ne plus nous voir. Et ceci n'était pas envisageable, ça n'était pas une option pour moi en tout cas. Si Erica le souhaitait, si cette épreuve l'avait persuadée que c'était la meilleure chose à faire pour nous deux, pour nous préserver, je l'écouterais. A regret, mais je lui obéirais.

Sentant son parfum m'envahir à nouveau, je l'écoutais respirer de plus en plus doucement, caressant doucement sa peau. « Il est vrai que mon impatience à me retrouver contre vous me fait perdre ces notions élémentaires que sont la discrétion et la vigilance, monseigneur » Mes muscles toujours noués par la tension accumulée se détendirent un peu, mais mon coeur s'accéléra lorsqu'elle prononça ces mots. Lorsque je lui dis en toute honnêteté ce que je pensais, que je serais allé n'importe où pour elle, elle se détacha de mon étreinte, plongeant son regard dans le mien. Elle se redressa, déposa un baiser volé sur mes lèvres, me faisant frissonner. « J'ai mis en péril votre intégrité en ces temps périlleux, messire, en cela je vous ai porté préjudice. Sachez seulement que c'est à mon grand désarroi, loin de moi l'envie de vous nuire » Je déposais un baiser sur le haut de son front. Je le savais. La situation n'avait simplement pas tourné à notre avantage, ce n'était en aucun cas sa faute. Ou si ça l'était, c'était la mienne aussi. Entièrement. Ellen n'avait pas à porter ce poids toute seule, j'étais là moi aussi. Elle quitta mes bras, et je la laissais partir à regret, la regardant se lever. Elle passa devant le soleil qui m'aveugla lorsqu'elle se baissa pour attraper sa robe. Je me levais à mon tour pour récupérer mes effets. Je rentrais la chemise blanche dans mon pantalon, puis j'écoutais ce qu'elle avait à dire. « Il semblerait que nous devrons mettre fin à ces instants qui nous appartiennent dès que nous poserons pied à votre château, vous en êtes bien conscient comme moi ». Je me stoppais, sachant qu'elle parlait avec la voix de la raison, même si c'était difficile à admettre. J'enfilais ma cote de maille, me tournant finalement vers elle, la regardant ajuster ses jupons. Je m'approchais, l’aidant à relacer son corset, attrapant les délicats lacets dans mes doigts. Je sentais mon coeur recommencer à faire des siennes alors que je laissais mon regard descendre le long de sa peau. Je savais qu'elle avait raison, je savais qu'elle disait des mots justes. Alors pourquoi avais-je autant de mal à les accepter? Elle ne parlait pas de s'arrêter de se voir à tout jamais, mais j'avais l'impression que c'était ce qu'elle disait. J'avalai ma salive avec difficulté, puis, une fois que son lacet était remis, je lui dit, esquivant une réponse douloureuse. « Plus facile à lacer qu'à défaire. » lui dis-je dans un demi sourire et dans un souffle. Je ne voulais pas m'avouer vaincu, pas devant elle. Son absence me pèserait au château, d'autant plus si je savais qu'elle était tout près, à ma portée. Peut-être valait-il mieux qu'elle ne s'y arrête pas? C'était impossible, mais je me prenais à espérer. Une fois que nous fûmes habillés, nous repartîmes près de la rive où je récupérais mes quelques affaires. Nous trouvions le cheval, rênes trainant sur le sol, broutant une touffe d'herbe. Tendant ma main vers la jeune femme, je l'invitai à remonter sur le destrier, pour repartir de cet endroit idyllique. « Etes-vous prêt à repartir, madame? C'est un malheur que nous n'ayons pas trouvé vote broche. » Mon trait d'humour me fit sourire, alors que même la situation était désespérée. Après tout, nous devions élaborer le tissu de mensonge qui nous servirait à nous en sortir. Jusqu'à ce que l'homme ne nous dénonce. J'avais besoin de marcher, dégourdir mes jambes, me vider l'esprit. Je la ferais monter sur le cheval, et je marcherai à côté. De plus, si je sentais une nouvelle fois son parfum, je serai condamné à consommer sa chair encore et encore.
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Erica Southminster
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PRINCESSE DE SOUTHMINSTER
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MessageSujet: Re: ALPHÉDOR ∞ reconcile the violence in your heart (terminé)   ALPHÉDOR ∞ reconcile the violence in your heart (terminé) - Page 2 EmptyDim 26 Aoû - 16:32

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    Je n'était pas triste, tout au contraire. Je me sentais étrangement sereine, comme un enfant à qui l'on dicte une leçon après qu'il eut fait une erreur de jugement. J'étais amère de devoir un jour trouver le moyen d'apprendre à gérer mes mœurs et contenir mes passions, mais je me savais satisfaite de ce que j'avais ressenti contre lui, surprise de plus belle par les ardeurs et le désir capiteux que j'avais inspiré au seigneur de Warminster. J'étais consternée par ce besoin pressant de retrouver le chemin de sa bouche, par sa bonté et sa capacité d'adaptation. Il démontrait aujourd'hui un pan de sa personnalité que je n'eus jamais à côtoyer au château de Southminster, alors qu'il y résidait plus ou moins contre son gré. Je n'osais pas imaginer ce que je ressentirai une fois que nous nous retrouverons dans le même bâtiment, sans contraintes autre que celles de la morale. Ma morale, et la sienne visiblement, semblait s'évaporer quand il était question de cette luxure que nous consommions dangereusement, imprudemment et impulsivement. Visiblement, les derniers évènements m'avaient ébranlés sans nul doute, mais ne m'avait pas dompté. Sans doute ne saurais-je jamais mater cette incapacité flagrante à me tenir loin du chevalier. Je l'ignorais jusqu'à aujourd'hui, peut-être par dépit de ne savoir jamais si je le croiserai de nouveau. Cette sensation était douce et amère à la fois, sachant que les plus plates convenances seraient de rigueur dès que l'on aurait atteint le fief où résidait les siens, là où il n'avait pas d'épouse soit, mais où l'alliance de mon annulaire me rappelait mes propres serments...

    Consentez-vous à prendre cet homme pour époux légitime, à vivre avec lui selon la loi de Dieu, dans le saint état du mariage? L'aimerez-vous, le consolerez-vous, l'honorerez-vous, le garderez-vous, dans la maladie comme dans la santé, et, renonçant à toute autre union, lui resterez-vous fidèle jusqu'à la mort? Les mots de l'évêque de Southminster me revinrent en tête alors que j'avalai ma salive, me dénouant de l'étreinte agréable des bras du chevalier autour de mon corps. À regret, et par une once de culpabilité qui dansait dans mes tripes. La sensation de sa peau délicieusement rêche et chaude me resta sur les lèvres un court instant, alors que le fait de ne plus le toucher me consterna tandis que je vaquai à des occupations simples pour divertir mon esprit embrumé par ce torrent d'émotions qu'il m'inspirait à ne serait-ce que respirer à proximité. Enfiler une tenue de femme sans l'aide de Constance me parut plus difficile qu'à l'habitude, encore humide de cette baignade ayant pris fin promptement. Mes cheveux collant à ma peau, ma peau moite et froide, rien pour me faciliter la tâche. Je soupirai sans m'en rendre compte, avant de prendre conscience que les doigts d'Alphédor s'étaient subtilisés aux miens pour tenter de nouer le corset contre ma peau, intercédant les lacets avec une dextérité relative, mais cette délicate attention me fit sourire tout en faisant légèrement rougir mes pommettes « Plus facile à lacer qu'à défaire ». Un léger rire se fit entendre tandis que je me fis violence pour ne pas frissonner à l'idée que ses doigts parcourent de nouveau mon corps, même avant de l'étoffe le séparant de ma chair. Il ne semblait pas plus pressé que moi de rejoindre cette réalité où j'étais moins à l'aise qu'ici et maintenant, à son contact, alors que je pouvais être moi-même, vivre intensément, prenant le risque de tout perdre, mais qu'est-ce ce tout qui n'est pas ce que j'aurais souhaité être mon existence? Mes paroles dépassèrent ma pensée, pour tenter de dépasser cette lassitude d'aller selon les convenances et les règles « Vous n'avez pas tord, monseigneur, mais il y a ce dénouement des plus prometteurs qui découle de l'effort mis à délasser ces corsets qui rend la chose nettement plus tolérable... ». Il finit par me céder les extrémités des lacets que je nouai solidement, comme ma mère me l'avait enseigné, avant de faire volte-face, retrouvant le plaisir de braquer mon regard dans le sien. Je restai ainsi quelques secondes avant d'entrelacer mes doigts à cette main qui m'offrit par convenance, et à laquelle je m'attachai sciemment par envie « Êtes-vous prêt à repartir, madame? C'est un malheur que nous n'ayons pas trouvé vote broche ». Un nouveau sourire se fraya un chemin jusqu'à mes lèvres tandis que je me retrouvai assise seule sur la selle de son cheval, trouvant qu'il y avait, à mon sens, beaucoup trop de liberté de mouvement. Il n'avait toujours pas libérer ma main, alors je me penchai pour baiser ses jointures refermées autour des miennes « Prête de corps, sans nul doute, mais si j'aurais écouté mon coeur, je me serais prélasser encore bien longtemps dans les environs pour profiter de votre sens de l'humour et de vous-mêmes ». Ses mots d'esprit étaient rafraîchissants. Sa présence était vivifiante, et son contact une divine torture. L'envie de remettre pied à terre me courait dans les veines comme un poison, encore sus-je faire preuve de retenu, à ma grande surprise. N'en menant cependant pas large à le détailler ainsi du regard, affichant un sourire amusé, même légèrement moqueur, tandis que son regard ne se détournait pas du mien « Souhaitez-vous que je talonne à l'instant les flans de votre cheval afin que l'on prenne la route de votre seigneurie, messire? Ce n'est pas que votre regard me gêne, bien au contraire, mais nous n'y arriverons jamais si l'un de nous ne force pas les choses... ».
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Alphédor Percereth
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CHEVALIER DE WARMINSTER
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MessageSujet: Re: ALPHÉDOR ∞ reconcile the violence in your heart (terminé)   ALPHÉDOR ∞ reconcile the violence in your heart (terminé) - Page 2 EmptyDim 26 Aoû - 19:02

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Qui pouvait, en se levant ce matin, prédire une journée aussi palpitante? D'abord il y avait eu la joie de la revoir, puis j'avais senti ce désir que je peinais à ré freiner me traîner vers la luxure, doucement mais sûrement. Cette passion, nous l'avions ensuite consumée, à nos dépends, comme nous l'avions découvert un peu plus tard. Toute la journée était passée à une vitesse folle. J'étais certain que le château commençait à être en ébullition ne me voyant pas revenir. La princesse de Southminster était aussi attendue, puisque le reste de son cortège était arrivé depuis plusieurs heures. Le soleil léchait les arbres, jetant de longues ombres sur le sol. La lueur orangée dans laquelle nous baignions aurait pu être réconfortante si ces pensées ne me saisissaient pas avec violence. Nous avions commis un péché, cet acte de trop. J'avais la sensation que nous étions amenés doucement mais sûrement vers notre perte à tous les deux. La question était, étais-je prêt à me laisser détruire? Cette passion me consumait à petit feux, mon amour impossible pour Adelosa aussi, mais d'une façon différente. Mes blessures s'aggravaient, et j'aurais du accueillir ma destruction à bras ouverts, mettre fin à cette souffrance. Car si Southminster découvrait cela, la guerre et la mort m'attendaient, c'était certain. Et pourtant, je remarquais que je n'étais pas prêt à quitter ce monde. Je me damnerais bien volontiers une nouvelle fois et à l'infini pour elle.

« Prête de corps, sans nul doute, mais si j'aurais écouté mon coeur, je me serais prélasser encore bien longtemps dans les environs pour profiter de votre sens de l'humour et de vous-mêmes » Je lui souris, plaçant son pied délicat dans l'étrier. Si j'avais pu, moi aussi j'aurais bien passé la nuit dans son étreinte, à sentir cette passion, cette adrénaline s'emparer de moi, souffrir et mourir à petits feux sous la torture de ses caresses. Si rien ne m'avait retenu, si je n'avais pas eu la présence d'esprit de me rappeler mes obligations, je l'aurais sans doute fait. Mais mon statut de chevalier m'imposait une rigueur, une noblesse qui dans ce cas, m'enserraient le coeur. J'attrapais les rênes du cheval et elle m'adressa la parole. Je la détaillais sous toutes les coutures. « Souhaitez-vous que je talonne à l'instant les flans de votre cheval afin que l'on prenne la route de votre seigneurie, messire? Ce n'est pas que votre regard me gêne, bien au contraire, mais nous n'y arriverons jamais si l'un de nous ne force pas les choses... » Je me sentis sourire puis, je claquai ma langue contre mon palais et commençai à marcher. Une douce tiédeur me gagnait, endolorissant mes muscles, me rendant fatigué et peu soigné. Cela se sentait dans mes pas, se rapprochant petit à petit de mon fief. Ils étaient lourds, lourds de fatigue et de sens, lourds de non-dits et de conséquences. Elle avait raison. Mais pouvais-je m'éloigner d'elle? Je ne savais pas si j'en avais la force, tant elle semblait m'attirer comme un aimant. Son contact me brûlait autant qu'il ne soulageait, son regard... Son regard me transperçait comme une épée, me faisant souffrir et y laissant à la manière d'une blessure par arme blanche une cicatrice, mais j'en redemandais. Lorsque j'étais avec elle, j'oubliais tout, jusqu'à mon propre nom, la seule chose qui restait était ce désir, ardent, brûlant, insoutenable, inqualifiable et surtout insatiable. Cela devrait cesser, j'en étais conscient, à mon plus grand désarroi. Trop désemparé pour lui dire quoi que ce soit, je gardais le silence. Les portes de mon fief arrivèrent à notre rencontre. Mon coeur fit un bond dans ma poitrine alors que je m'arrêtais. Je me tournais vers elle, me sentant soudainement seul, trop seul. « Vous avez raison, Erica, nous devons arrêter. Mais je vous en conjure, éloignez-vous de moi. Je ne sais pas si je suis capable de m'éloigner sciemment de vous, je suis navré. » La soirée des non-dits se transformait brusquement en une révélation de vérités où nous nous ouvrions l'un à l'autre. C'était plus fort que moi, il fallait qu'elle le sache. Qu'elle sache que jamais, jamais le feu du désir qui brûlait en moi ne s'éteindrait. Ne serait-il pas plus simplement que nous ne nous voyions plus jamais? Mon corps ne me répondant plus, je passais une main sur l'encolure de l'animal et une autre sur sa cuisse, dont le simple effleurement du tissu me provoqua des frissons. Je me retenais pour ne pas l'attraper et la faire descendre de là, même si la fièvre montait à nouveau lentement. Il fallait qu'elle fasse quelque chose, qu'elle envoie un message clair. Jamais je ne pourrais accepter de la perdre s'il y avait encore un quelconque espoir, même infime.
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Erica Southminster
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PRINCESSE DE SOUTHMINSTER
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MessageSujet: Re: ALPHÉDOR ∞ reconcile the violence in your heart (terminé)   ALPHÉDOR ∞ reconcile the violence in your heart (terminé) - Page 2 EmptyDim 26 Aoû - 21:07

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    Francesca devait se ronger les sangs à m'attendre dans un domaine qui n'est pas le nôtre. Nous n'étions jamais séparé bien longtemps, elle et moi, et je me sentais plus mariée à elle qu'à mon propre époux. Elle me connaissait mieux que je ne me connaissait moi-même, lisant en moi comme dans un livre ouvert. Grand Dieu, je n'osais guère imaginer le regard mortifié qui m'attendait à Warminster, alors qu'elle devait avoir quémander un damier aux serviteurs du château pour occuper les tracas de Constance. Elle était une mère, une soeur, une amie à la fois. Ce ne serait pas la natte nouée avec des cheveux humides d'une eau qui n'aurait pas du les imbiber, de mon corset noué par un homme plutôt que ses doigts experts ou encore par mes manières qu'elle saurait, non, elle n'aurait qu'à croiser mon regard. J'aimais ne pas avoir à parler, savoir qu'elle comprenait sans un mot ce que j'attendais d'elle. Pourtant, je n'avais point envie de me faire sermonner par une mère aujourd'hui, mais consoler par une amie. Si cet écart de conduite était tolérable, car je me montrais étonnamment discrète sur mon propre fief, le simple fait qu'un homme fut témoin d'une indubitable étreinte entre le chevalier de Warminster et moi-même était une toute autre paire de manche. De nouveau je m'étais damnée un peu plus, de nouveau je m'étais laissé ensorcelé par le charme et le caractère chevaleresque d'Alphédor Percereth, à mon grand dam et mon grand plaisir. Je l'avais incité à poursuivre cette tentation jusqu'à consommer la passion presque entièrement pour la voir renaître de plus belle peu après avoir atteint le paroxysme du bien-être. Je l'avais entraîné consciemment avec moi dans mon inévitable chute, et j'en redemandais encore et encore. Si seulement avait-il la décence de me repousser qu'il ne me soit plus possible d'espérer acquérir un baiser volé ou une caresse à la dérobée...

    Contrairement à ce que j'avais cru au départ, nous n'étions pas si profondément enfoncé dans les boisés d'où nous arrivions. Il ne fallut qu'une heure à pied pour que l'on aperçoive finalement les hauts murs qui entouraient la seigneurie des Percereth, où un drapeau de leur banneret voguait au-dessus de la plus haute des tours. Des plaines gonflées par les semailles s'étendaient autour à perte de vue, le ciel bleu détonnant du gris de pierre et du verre de l'herbe, le paysage était doux, agréable à regarder, apaisant. Je ne m'étais jamais aventuré dans les environs de Warminster, ne m'éloignant jamais de plus de quelques lieux de mon propre domaine. Parfois, je chevauchais avec la délégation que m'envoyait ma belle-sœur pour rejoindre les lieux de mon enfance, où mon frère régnait justement sans y améliorer grand bien. À mon sens, c'était la justesse d'esprit et la droiture de Amaryllis qui tenait la maison de Rohan dans son chemin de prospérité et d'équité. Elle me manquait d'ailleurs, elle et ma délicieuse Blythe. J'étais loin d'eux, cette famille que je chérissais et que je décevrais au-delà de la conscience si mes agissements arrivaient à leurs oreilles... « Vous avez raison, Erica, nous devons arrêter. Mais je vous en conjure, éloignez-vous de moi. Je ne sais pas si je suis capable de m'éloigner sciemment de vous, je suis navré ». En mal du pays, en mal des miens, je ne m'étais point aperçu de notre soudaine immobilité. C'est le hennissement du cheval sous la caresse de son maître et de la paume de ce dernier contre ma cuisse embourbée sous quelques tissus qui attira mon attention sur autre chose. Je baissai les yeux, croisant le regard désemparé et suppliant d'Alphédor. Que Dieu m'accorde son pardon de confondre un si fervent serviteur de sa grandeur au nom d'une passion interdite et dangereuse. Mordant ma lèvre inférieure, le coeur ratant un battement, je ne suis quoi lui répondre. Je savais ce que j'avais envie de lui dire pour satisfaire sa demande, mais je ne trouvais pas les mots, comme s'ils fuyaient l'instant où ils seraient prononcés, mettant définitivement fin à ces sensations merveilleuses que je ressens à son contact. J'ouvris la bouche, la refermai. Je pris conscience de la souffrance que l'idée même de le repoussai définitivement m'infligeait, et cela me happa sans crier gare « Je sais ce que vous attendez de moi, chevalier, mais je ne puis me résoudre à accéder à votre pourtant si pertinente demande... ». J'imitai si exactement le claquement qu'il avait émis un peu plus tôt, comme muée par l'envie de quitter cette atmosphère lourde qui nous entourait, qu'il se mit à avancer, se rapprochant des lourdes portes qui donnait accès à Warminster que je descendis du cheval, sans précaution, évitant de justesse de finir face contre terre. À la hauteur du seigneur de ce fief, je me sentis capable d'exiger à mon tour de lui ce qu'il demandait de moi « Exigez mon départ dès maintenant, dès ce soir, vous avez mille et une raisons de ne pas vouloir de moi au sein de votre seigneurie ». Le silence. Un silence lourd de sens. Un silence pesant, auquel je me soustrais à la façon de voleur pour me faire accueillir par la noblesse de Warminster comme une membre de cette famille, avec une courtoisie que je ne méritais pas pour avoir osé poser mes doigts froids et damnés sur la peau chaude, vivante de l'un des leurs...

    « Cela suffit maintenant, je n'ai pas l'ombre d'une envie d'entendre tes remontrances ». J'avais pris un long bain, laissant mon corps se détendre dans les huiles essentielles qu'on mit dans l'eau, avant que Constance m’oint de baumes parfumés que j'avais apporté dans mes bagages et qui me furent envoyés dans ces quartiers réservés aux invités de marque. J'ai requis Constance plutôt que Francesca, fait inusité qui dut lui mettre la puce à l'oreille. Elle me rejoint alors que ma jeune servante nouait mes cheveux avec quelque fleur découverte ici, à Warminster. Elle la chassa sans cérémonie, dénouant mes cheveux pour les refaire à sa main. En un sens, elle était possessive et protectrice, loyale et docile. Pourtant elle ne parvenait pas à se montrer douce, sans doute désabusée par mon comportement déplacé « Je ne veux rien entendre ce soir, Francesca, demain peut-être » dis-je en me radoucissant. Je me levai, déposa un baiser sur sa joue, puis attrapant sa main pour qu'elle m'aide à enfiler une robe étroite verte émeraude. On donnait un banquet, ce soir, pour accueillir la princesse de Southminster. Warminster semblait accepter les divergences politiques mieux que mon fief d'attache, encore me sentais-je nauséeuse à l'idée de jouer la dame en cette soirée étrange, sachant pertinemment qu'il serait là, chassant de nouveau de mon esprit le fait qu'il se trouvait d'emblée quelque part entre ses murs qui me donnaient l'impression d'étouffer. Je ratai un souffle quand elle clos les lacets de mon corset, manquant défaillir. Elle me demanda si j'avais mangé, je lui répondis que non. Elle fronça les sourcils, puis sortit. Cela me fit sourire, ma mère avait cette habitude de m'en vouloir d'être trop occupée ou tracassée pour manger. Elle disait que je réfléchissais trop, et avec le recul, je me dis qu'elle avait raison : que faisait Alphédor Percereth, lui, en ce moment précis, dans les quartiers qu'il habitait dans ce somptueux et vaste château?
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MessageSujet: Re: ALPHÉDOR ∞ reconcile the violence in your heart (terminé)   ALPHÉDOR ∞ reconcile the violence in your heart (terminé) - Page 2 EmptyDim 26 Aoû - 22:00

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Mes mots ne semblèrent pas avoir un effet rapide sur elle. Etait-elle tant perdue dans ses pensées? La souffrance qu'elle m'infligeait inconsciemment dépassait l'entendement, et je la ressentais d'une façon que le silence exacerbait. Elle finit par me répondre, dardant son regard sur moi, alors que le soleil jouait avec ses traits et le vent avec ses cheveux. « Je sais ce que vous attendez de moi, chevalier, mais je ne puis me résoudre à accéder à votre pourtant si pertinente demande... » Sans plus de cérémonie, elle fit avancer le cheval d'un coup de talon. Je ne bougeai pas, la laissant devenir maître de la situation. Elle aurait pu rentrer d'abord au château. Nous aurions pu oublier que tout ceci s'était passé, et prétendre être deux nobles dont l'un fait des faveurs à l'autre. Je ne croyais pas que je pourrais un jour oublier cette sensation, cette chaleur, cette douleur qui m'habitait lorsqu'elle était là. C'était une poussée d'adrénaline, un sentiment de puissance et de félicité qui m'accompagnait, et c'était inestimable de partager cela avec elle. Devrais-je néanmoins un jour l'oublier? Par ces mots, elle nous condamnait à une éternité de souffrance, c'était certain. Et pourtant, je n'arrivais pas à lui en vouloir, comme si d'une certaine façon, je l'avais toujours su.

Brusquement, elle descendit du cheval, et se rapprocha de moi. Je ne manquais pas d'observer les ondulations de ses cheveux, la fraîcheur toujours intact de son parfum, sa prestance qui avait un effet tout à fait contraire à la religion sur moi. « Exigez mon départ dès maintenant, dès ce soir, vous avez mille et une raisons de ne pas vouloir de moi au sein de votre seigneurie » J'avalais ma salive, plongeant mon regard dans le sien. Je ne pouvais pas faire cela. Lui refuser l'hospitalité. Je compliquais notre situation, alors qu'un mot aurait suffit pour nous délivrer tous les deux. Je devais me jurer, me jurer de ne plus la toucher, ni maintenant, ni jamais. Cela ne mènerait qu'à notre destruction. Pourquoi était-ce si difficile à faire alors que j'étais persuadé que c'était la bonne chose à faire? Pourquoi est-ce que mon esprit me criait gare et que mes muscles me chuchotaient un besoin renaissant de prendre possession de son corps une nouvelle fois? Je n'arrivais pas à faire la part des deux. Je cherchais les mots justes, alors que je me rendais compte que nous étions prisonniers de ce désir charnel. Tripotant nerveusement mon gant droit, je l'observais me regarder avec insistance et douleur, avant de finalement se détourner pour repartir vers le château.

Et si je ne l'avais pas laissée partir? Je m'avançais vers elle, capturant sa main, capturant ses lèvres. Lentement, je délaçai ses effets que j'avais si précisément remis auparavant. Je passais mes doigts sur sa peau claire et orangée par le soleil couchant. Je l'embrassais avec fougue et passion, l'allongeant sur le bas côté, ne laissant plus que mon coeur dicter ma conduite. Je la couvrais de baisers, embrassant chaque parcelle de sa peau qui m'était accessible et dont le nombre augmentait au fur et à mesure que nous procédions. Elle m'aurait retourné, glissant sur moi, puis elle aurait alors pris possession de l'acte, ne me laissant à peine que le rôle de témoin tandis qu'elle se penchait sur moi et m'embrassait, me débarrassant de mes enveloppes vestimentaires. Et mon coeur, mon coeur s'emballerait, comme si souvent en sa présence, tandis que mon souffle se faisait court, ma voix rauque. Nous n'appartenions l'un qu'à l'autre, maintenant et pour toujours. Un bruit de casseroles me ramena à la réalité. Je me redressais, reprenant conscience de mon entourage. J'étais accoudé au balcon de mes appartements, le regard perdu vers l'horizon qui ne se distinguait plus, trempé dans la nuit noire. Cela aurait pu se passer comme ça. Je serrais mes poings, empreints d'une frustration qui aurait u être épanchée avec nos ébats de l'après midi, mais qui ne l'était nullement. Cela aurait pu se passer comme ça. Mais ceci n'était pas arrivé. Nous étions rentrés, elle était repartie vers les siens. Et je m'étais fait le serment de ne pas l'approcher, pas ce soir, plus jamais. Si nos esprits étaient impuissants pour formuler ces mots là, nos corps devaient nous tenir éloignés de la catastrophe. Bien entendu, un banquet était organisé. Une folle idée de mon frère. Il n'était pas dans ses habitudes de se montrer excessivement courtois, mais il n'était pas stupide et il savait que se montrer bon envers les Southminster pouvait jouer en notre faveur et en celle du souverain que nous supportions. J'étais persuadé qu'aucun enjeu de ce genre ne se jouerait ici ce soir, puisque nous étions tous épuisés. Quant bien même ce fut le cas, j'avais un autre enjeu bien à moi à jouer.

Je décidai de rejoindre la salle lorsque finalement, au détour d'un couloir, sa voix cristalline me frappa. Elle devait être en train de se préparer. Je m'avançai à pas de loups jusqu'à la porte fermée. J'y posais une main, puis une oreille, comme si je pourrais l'entendre mieux. Des sons me parvinrent, puis un silence. Il me suffisait de fermer les yeux pour voir ses courbes se dessiner sous mes yeux. Je serrais la mâchoire, conscient que ce plaisir m'était refusé avec elle. Je m'écartai finalement de la porte, comme si j'avais l'impression de violer notre serment silencieux et chaste. J'entrepris de descendre les escaliers rapidement, avant de me donner le temps de réfléchir. J'arrivais dans la salle de réception, et j'allais me placer à ma place en tant qu'hôte, à côté de mon frère et de ma si douce Adelosa, qui comme d'habitude était rayonnante. Une minute plus tard, les invités entraient, et j'ordonnais à ce que l'on me serve du vin. La soirée allait être longue et douloureuse.
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MessageSujet: Re: ALPHÉDOR ∞ reconcile the violence in your heart (terminé)   ALPHÉDOR ∞ reconcile the violence in your heart (terminé) - Page 2 EmptyDim 26 Aoû - 22:55

    ALPHÉDOR ∞ reconcile the violence in your heart (terminé) - Page 2 Tumblr_m7y3gdsQ9l1rblmpdo1_500
    Il était insensé de se prendre la tête pour un homme, j'en étais intimement persuadée, définitivement convaincue. Je portais le deuil de ce mariage où je savais ne jamais pouvoir m'y épanouir, et ce, malgré la volonté discutable de mon mari. Firenze était un homme plutôt robuste, éduqué par un homme qui était un légendaire stratège et qui démontra sa hardiesse et son savoir sur l'Orcanie lorsqu'une énième guerre se déclencha dans le royaume. Sa mère étant morte en couche, les deux fils du régent furent éduqué à la dure, selon la tradition militaire romaine de laquelle leurs lointains ancêtres étaient issus. Il n'eut jamais l'occasion de se faire démontrer ce qu'était la douceur, la tendresse, encore moins ce qu'incluait le mariage et l'amour. Grand gaillard plutôt rustre sans le vouloir, il se montrait consciemment courtois, voir même protecteur envers l'épouse que je suis. Il n'avait aucune idée qu'une femme puisse avoir certains besoins qu'il ne savait ni ne pouvait combler, le sort me fut sans doute clément de m'épargner un comportement purement possessif de sa part. Il offrait des cadeaux d'une finesse et d'une originalité fraîche à ma nièce, la fille de mon frère, seul enfant parmi les descendants de nos lignées respectives. Son frère mort à la guerre, il était le seul survivant de la fratrie Southminster, et daignait s'informer continuellement du moment béni où je lui offrirai l'enfant qu'il pourrait chérir et aimer, apprendre au contact d'un poupon ce que, poupon, on avait pu lui offrir. Regardant mon reflet dans le miroir, assise devant la maquilleuse mise à ma disposition dans les charmants quartiers que l'on m'octroya, je me sentis horrible de ne pas savoir répondre à ce désir d'avoir de mes entrailles une descendance à sa lignée. Passant mes mains sur ma poitrine pour les déposer sur mon ventre, je penchai la tête en regardant de haut ce dernier, décidément plat, ma taille plus fine que jamais dans ce corset plutôt serré - l'humeur de Francesca influençait légèrement sur ma capacité de respirer quand elle m'habillait. Peut-être que la volonté et mon profond dépit de donner naissance à un enfant jouait en sa défaveur, ou encore était-ce simplement moi qui était la cause, physiquement, de cette infertilité. La seule idée de ne pas pouvoir enfanter un jour me blessait plus que je ne saurais l'exprimer, et j'espérais ne jamais devoir me retrouver confrontée à cette éventualité. Je m'en retournai à analyser mes traits dans le reflet du miroir étincelant, me redressant le buste et me tenant droite comme ma mère m'avait si consciencieusement enseigné. Une dame devait être droite, pieuse et aimable. Je n'étais rien des trois, autant expirais-je en un soupir las de ces états d'âme qui me minait le moral que je cherchais à retrouver dans ce périple qui commençait étrangement loin de ce que je m'attendais. Moi qui croyait me libérer de mes tourments en m'éloignant de l'aura de culpabilité qui m'enserre au contact de mon mari, me voilà aux prises avec des démons que je croyais définitivement hors de ma portée...

    Il était impératif que je sorte de ma chambre, mais je ne savais pas m'y résoudre. Plus bas, dans la salle des banquets, la plupart des gens invités par Aidan Percereth et autres se trouvait probablement à échanger gaiement des banalités. Étendue sur les lourds édredons tissés à la main dans une couleur grenade, je fixais le plafond sans mot dire, tentant simplement de rétablir un ordre de pensée et de soigneusement enfouir au plus profond de ma mémoire les évènements de plutôt dans la journée. La quiétude du bain s'étant depuis longtemps évaporé, j'avais demandé de l'eau chaude avec du miel et un bâton de cannelle. On me donnait cela, jeune, pour apaiser mes insomnies. Aucun moyen n'était sot de tenter de sortir de sous ma peau le souvenir des caresses du seigneur de Warminster, qui devait lui-même être en route ou lever un verre en compagnie de sa fratrie. Sa famille... nom de Dieu. Je devrai me présenter devant tous, la bouche en coeur, en faisant preuve d'une bienséance impeccable afin de ne pas leur rappeler les moyens utilisés contre leur frère au sein de mes terres d'accueil. Je respirai doucement tandis que la voix fluette de Constance me rappela à l'ordre, m'implorant de me lever. Inspirant lentement, je me remis sur pied, replaçant l’apparat léger qu'était le serre-tête que m'avait déposé Francesca sur le crâne. Mon coeur menaçait de sortir de ma poitrine, et je me sentais nauséeuse. Prenant une énième et ultime gorgée de cette ponce de famille, on m'ouvrit la porte pour que je sorte et rejoigne, avec pour escorte un garde, les lieux du banquets. Je m'arrêtai en chemin, appréciant l'endroit du regard, le reflet de bon goût typiquement féminin qui décorait ce château. Les armures, les armoiries, les tableaux, tous disposés soigneusement à travers les couloirs, les escaliers et les portes closes donnant sur des salles de multiples fonctions. Cela m'occupa l'esprit un bon moment, jusqu'à ce que l'on croise les premiers vivants de Warminster, les saluant avec politesse et délicatesse...

    J'étais en territoire inconnu, pourvu d'un étrange mal qui me brûlait les entrailles, pourtant j'apparus quelques instants plus tard devant les hôtes, faisant une révérence de rigueur avec un sourire éclairant mon visage. J'adressai mon premier regard entendu à l'aîné, ledit Aidan Percereth, ainsi qu'une œillade à l'intention de son épouse, Dame Deirdre « Vous me comblez, messire, de me convier à votre table et de m'accepter sous votre toit. Warminster rayonne sous votre joug, c'est un magnifique endroit pour vivre et prospérer ». Je devinai à la ressemblance la descendance du seigneur Aidan, assis non loin. J'aurais voulu m'éterniser que je me retrouvai à croiser le regard d'Alphédor, assise à la droite du couple régent « Votre escorte, monseigneur, a épargné bien des soupirs à ma suite et moi-même. Je vous serai éternellement reconnaissante de nous avoir porté assistance et je prierai Dieu pour vous à la première occasion». Je me confierai à son propos à Dieu, sans mentionner son nom, mais pas pour ces raisons-là, avenantes et courtoises. Puis mon regard glissa de nouveau, en pliant légèrement les genoux, sur les traits divins de la cadette de la famille « Et vous, mademoiselle, vous êtes d'une beauté à couper le souffle. Je vous remercie de me laisser partager votre couvert en cette soirée bénie sur vos terres ». Je lui adressai un sourire qu'elle me rendit avec candeur et douceur, avant de prendre place un peu plus loin. L'endroit était chaleureux, convivial, et j'étais assise auprès d'un baron particulièrement amusant, certainement dans la quarantaine, qui me dérida après quelques minutes à peine. Je retrouvai suffisamment d'appétit pour enfourcher un morceau de caille, puis de détourner le regard vers la table du duc de Lyness, observant leur fratrie de façon plus anonyme. On surprit mon regard, cependant, et je me retrouvai à rosir des pommettes alors que le baron Munro s'évertua d'une autre blague de son cru qui me fit éclater de rire tant elle arrivait au dépourvu... de l'amusement? Probablement confondu quelque part avec une forme inusité d'appréhension envers la façon dont se terminerait cette journée!
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Alphédor Percereth
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MessageSujet: Re: ALPHÉDOR ∞ reconcile the violence in your heart (terminé)   ALPHÉDOR ∞ reconcile the violence in your heart (terminé) - Page 2 EmptyLun 27 Aoû - 14:05

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I want to reconcile the violence in your heart I want to recognize your beauty's not just a mask I want to exorcise the demons from your past I want to satisfy the undisclosed desires in your heart

Je portais le verre de vin rouge à mes lèvres, savourant sa teneur amer. L'ambiance était déjà festive, mon frère serrait des mains, se montrant on ne peut plus courtois. Adelosa embellissait la pièce de sa candeur rayonnante. Mais moi, je peinais à voir ce que l'on pouvait bien célébrer. Il n'y avait rien de réjouissant, rien de nouveau ou pour lequel il fallait se réjouir. Je me sentais malade rien que de penser à devoir m'éloigner de la chair blanche d'Erica, malade à l'idée de penser qu'un autre que moi avait droit sur ce corps si chaste dégageant pourtant des idées luxureuses. Je me forçai à ne pas la regarder, mais lorsqu'elle entra dans la salle, richement vêtue, je ne pus m'en empêcher. Si elle n'inspirait aux autres que respect et bienséance, elle m'inspirait à moi des envies et des désirs qui étaient condamnés à rester frustrés. Je serrai la mâchoire alors qu'elle s'inclinait près de notre table, adressant la parole à son hôte mon frère et à ma soeur Adelosa. Elle me remercia de l'avoir escortée, disant qu'elle prirait Dieu pour moi si j'en avais besoin. Je la remerciais d'un signe de tête, incapable de prononcer le moindre mot, comme si ma bouche refusait de s'ouvrir, que ma langue refusait de s'articuler. Elle sourit, s'inclina, et partit s'intaller. L'une de ses dames me lança un regard équivoque que je feignis ne pas comprendre, et auquel je répondis en levant mon verre de vin.

La musique entraînante se fit plus forte, plus appuyée, le tout ponctué par les rires d'Erica, que j'entendais parfois, mais que je devinais toujours. Elle était assise à côté du comte de Munro, charmant homme, grand gaillard et fin parleur. Il savait manipuler les gens, mais il n'utilisait pas ce don là. Il était bon et juste, du moins ce que j'avais entendu de lui me permettait de me faire cette opinion. Très friant de banquets et de fêtes, il était souvent de voyage, traversant les contrées. Tout le monde l'aimait bien, et personne ne voyait en lui un véritable ennemi, comme s'il était trop insignifiant pour y comprendre quelque chose. Il n'était pas idiot, non, simplement insouciant. Il profitait de la vie, peu importait les rumeurs. Quelque part, je l'enviais. Il faisait ce qu'il avait envie de faire, loin des regards, loin de la politique. Il n'était le pion de personne et de tout le monde à la fois, permettant à chacun de penser le connaître, mais à personne de le maîtriser. Oui, il était insouciant, mais il n'avait pas besoin d'être autrement, il aimait cela. Il vivait sa vie, à l'abri des regards, ne se prononçant en faveur de personne. Et personne ne l'attaquai tant il était aimé du peuple finalement. Fin stratège aussi, pouvait-on dire. Buvant une nouvelle gorgée de vin, une mélodie familière flotta dans les airs. La Danse de Tiphaine était bien connue pour sa sensualité, et son succès était tel que tous la dansaient. Adelosa se tourna vers moi, les joues rosées par l'émotion et le vin. Je compris en un regard ce qu'elle exigeait, et je me levai, faisant le tour de notre tablée pour attraper sa main. Elle gloussa, soulagée que j'aie compris sa requête, et nous nous avançions auprès des danseurs. Je m'inclinais bien bas, une main dans le dos, alors qu'elle attrapait les pans de sa robe pour faire une révérence. La danse commença. Des pas chassés, une main l'un contre l'autre, tout se succéda. Je plongeais dans ses yeux, que je trouvais incroyablement réconfortants, oubliant tout le reste. Je changeais de partenaire en virevoltant une fois, puis deux. et enfin, au troisème changement de partenaire, une odeur familière envahit mes narines, déclenchant un frisson dans mon échine. Le contact de nos mains me confirme l'identité de cette personne, avant même que j'eus le temps de lever les yeux.
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Erica Southminster
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MessageSujet: Re: ALPHÉDOR ∞ reconcile the violence in your heart (terminé)   ALPHÉDOR ∞ reconcile the violence in your heart (terminé) - Page 2 EmptyLun 27 Aoû - 16:19

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    Comme il était bon de rire sans se forcer, sans feindre un sourire à un mot d'esprit qui était tout sauf amusant. Je me retrouvai à observer les traits du seigneur Munro, qui était plus fanfaron que guerrier, mais qui possédait la finesse des traits de son blason. La réputation de leur banneret n'était plus à faire, et l'un applaudissait le fait qu'une telle famille parvienne à imposer le respect de la sorte sans être du plus haut titre de noblesse ni même être le plus efficace chevalier du roi d'Orcanie. Il semblait juste, avait le mot pour rire, octroyait sans doute beaucoup d'attention à la gente féminine, tout en restant dans ce que le commun des mortels appelle le courtois gentleman. Je pus, grâce à son tempérament contagieux, avaler un repas en entier, moi qui prévoyait devoir me faire violence pour même avaler quelques cuillères de soupe. Je dus essuyer mes doigts sur la serviette à disposition, remerciant silencieusement les cuisiniers de Warminster pour leur art culinaire avec de la volaille. Il y avait, dans la pièce, l'odeur d'épices provenant des cuisines qui aiguisait davantage encore les appétits. L'odeur de l'immense feu dans la cheminée non loin derrière la table d'honneur des Percereth diffusait un parfum divin, de plus qu'une chaleur réconfortante. Je ne puis m'empêcher de prendre des notes pour égayer notre propre salle de bal. Comme ces futiles détails pouvaient m'empêcher de me tracasser de ces profonds désagréments qui m'empêchait de respirer, comme celui de la possibilité que le voleur revienne sur sa promesse et ne se présente pas dans deux jours, là où je lui avais donné rendez-vous. C'était la source principale de mes inquiétudes, d'autant plus que mon moyen habituel de distraction - seller Stuart pour aller parcourir quelques lieux autour de Southminster - m'était impossible...

    « Madame, il m'est impossible de vous laisser patienter ici alors que ces bonnes gens s'amusent. J'espère que votre mari ne m'en voudra pas, ce cher Firenze, mais m'accordez-vous cette danse? ». Je sursautai, la coupe à la main, évitant de peau une catastrophe. Munro se trouvait là, devant moi, son buste penché devant la princesse de Southminster. J'aurais aimé que Firenze possède cet esprit joueur, ces connaissances et ces histoires merveilleuses que le baron savait raconter si divinement bien. J'aurais aimé, je l'avouerai, qu'il ressemble à cet homme qui était plus heureux à travers les gens que seul, entouré de ministres qui accèdent à n'importe laquelle de ses demandes. Je lui tendis doucement la main, qu'il attrapa dans la sienne en baisant poliment mes phalanges, avant de m'entraîner sur la piste de danse. J'y étais dans mon élément, moi qui aimait tant danser, et le simple fait de ne pas avoir à croiser le regard de mon mari quand le son de la musique m'entraînait bien loin, loin de la cour où je dansais avec des politiciens et, parfois, mon mari. Cinq ans que je lui appartenais, et l'on ne parvenait toujours pas à camoufler totalement cette drôle d'atmosphère qui nous entourait. Ici, j'étais libre, plus libre encore que je ne l'avais espéré, impressionnée par les talents et le souffle du baron. La mélodie était somptueuse, l'instrumentation parfaite, et je me surpris à être heureuse qu'il ne m'eut pas chassé d'emblée, j'aurais sans doute eu à subir toute la soirée le regard noir de Francesca, puis de me muter dans mes propres pensées. Je me retrouvai aux bras d'un gentilhomme, un blond, qui avait plus de moine en lui que de soldat. Je virevoltai de nouveau, quelques instants plus tard, pour me retrouver face à lui. J'aurais du m'y préparer, le Destin fait toujours étrangement les choses. Je scellai donc mes paumes aux siennes, mes doigts entrelacés avec ceux du seigneur Alphédor, peut-être trop rapidement, je ne le sais pas. Il ne m'en empêcha pas. Je laissai guider mes pas par le chevalier, suivant sa cadence et ses mouvements avec une aise déconcertante. Il me sembla, aux battements effrénés de mon coeur, que le musique ne semblait pas céder un pas, ni même feindre de s'interrompre. Je ne supportais pas ce silence pesant. Je ne supportais pas d'être incapable de lever suffisamment le visage pour foncièrement croiser son regard plus d'une seconde. Ma mâchoire se contracta, mes lèvres se pincèrent avant que je retrouve mes moyens et lui sourit, me retrouvant une énième fois braquée contre lui « Vous êtes beaucoup trop près, monseigneur, pour mon salut et votre sécurité ». Je me retrouve plus loin, croisant véritablement son regard pour la première fois. Je tournoie sur moi-même, moment où Alphédor pose sa main sur ma taille pour me ramener à lui... « J'ai peine à me faire violence pour contenir ce que vous m'inspirez, messire, est-ce également votre cas ». Nos visages étant trop proches pour que je ne suffoque, mordant l'intérieur de ma joue. Relative sécurité que d'être au milieu d'une foule, devant son frère, sa soeur, et l'essentiel de la cour de Warminster...
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Alphédor Percereth
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MessageSujet: Re: ALPHÉDOR ∞ reconcile the violence in your heart (terminé)   ALPHÉDOR ∞ reconcile the violence in your heart (terminé) - Page 2 EmptyLun 27 Aoû - 21:06

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Ses doigts n'avaient fait que m'effleurer, et déjà je l'avais sentie, comme si elle me collait à la peau, malgré notre relative distance. Elle tourna lentement autour de moi, nos doigts s'accrochant, s'entremêlant, se démêlant. « Vous êtes beaucoup trop près, monseigneur, pour mon salut et votre sécurité » Un demi sourire flotta su mon visage, alors que je me purgeais dans ses yeux, lui rendant son regard avec force. Elle s'écarta, passa derrière une autre cavalière tandis que je faisais de même, et elle tourna sur elle-même. Je la ramenais vers moi, plaçant mon bras contre sa taille, l'attirant à moi, attisant le feu qui m'habitait. Je plongeais dans ses yeux, et elle m'adressa la parole d'une voix vibrante d'émotion. « J'ai peine à me faire violence pour contenir ce que vous m'inspirez, messire, est-ce également votre cas » Je lui souris, d'un sourire entendu. J'avais le souffle court, certainement pas seulement à cause de la danse. Elle s'écarta à nouveau en rythme avec la musique, puis j'attrapais sa main, la faisant tournoyer. Elle revint se placer près de moi. J'étais derrière elle cette fois, la guidant avec mes pas, une main sur sa hanche, une autre dans la sienne. Son parfum m'assaillit d'une envie de l'embrasser dans le cou, là maintenant tout de suite. J'eus beaucoup de mal à ne pas me laisser tenter. Imaginez un instant le scandale à la cour de Warminster. Nous serions disgraciés, exilés, peut-être même pendus publiquement à titre d'exemple qui sait. Je soufflais dans son cou, me délectant à voir la chair de poule se former sur sa peau. « J'ignorais que vous étiez si bonne danseuse, madame. D'où tenez-vous ce talent? » C'était la première question qui m'était passé par la tête. J'avais eu besoin de lui parler, de combler ce vide entre nous. La musique avait beau retentir et guider nos pas, je n'avais d'yeux que pour elle. Avant qu'elle n'ait pu me répondre, la musique changea, indiquant un nouveau changement de partenaire. Aussi vite qu'elle était arrivée dans mes bras elle repartit, et je récupérais Adelosa, un large sourire aux lèvres. C'était un bijou d'un autre genre, celui que je ne voulais pas me vanter d'avoir pour moi tout seul. Mais pour combien de temps encore? Je prenais sa main, y déposais un baiser entre deux mouvements. Elle se mit à rire et moi à sourire, puis je la faisais virevolter. Tournant sur moi-même à mon tour, j'entrevis la délicate présence d'Erica, dansant presque aussi bien qu'Adelosa avec son cavalier. En rythme, je me séparais de ma tendre soeur, m'écartant de quelques pas. Je tapais du pied en avançant jusqu'à elle, puis revenais sur mes pas, gardant une main dans le dos. Je gardais le sourire, conscient que cette danse me rendait plus heureux que je n'aurais pu l'imaginer. Je m'approchais à nouveau d'Adelosa, puis je glissais ma main dans la sienne, menant la danse sur les derniers mouvements. La musique ralentit, faiblit. Je lâchai ma soeur, m'écartant d'un pas, et en même temps que moi, elle fit sa révérence. Pleine d'entrain, elle repartit vers notre tablée, en sautillant presque. La voir heureux me rendait heureux. Je me dirigeais vers le buffet auprès duquel les domestiques s'approvisionnaient pour ensuite nous servir. Du canard aux poires. Ou de la viande rouge avec son petit vin. J'hésitais. Un domestique me vit, s'approcha et s'inclina. « De très bons choix, lequel voulez-vous, messire? » Je soupirais, me servant finalement du vin. « Je crains ne pas être en mesure de choisir. »
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MessageSujet: Re: ALPHÉDOR ∞ reconcile the violence in your heart (terminé)   ALPHÉDOR ∞ reconcile the violence in your heart (terminé) - Page 2 EmptyLun 27 Aoû - 22:04

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    À nouveau ce capiteux désir de prendre possession de ses lèvres, ou de même y faire courir mes doigts me prenait de plus belle. À nouveau ce même interdit auquel j'ai tant de mal à accepter et à respecter. À nouveau ces paroles honnêtes, peut-être trop, témoignant à mon grand dam cette attirance magnétique qui me ramenait à lui, même sans le vouloir, même lorsque la méfiance s'était endormie. Je passais une délicieuse soirée, contrairement à ce que j'aurais pu imaginer, et celle-ci ne cessait de m'entraîner dans ce tourbillon d'émotions qui me faisait tant rêver. Je me sentais revivre dans cette cour différente de celle que je devais courtiser chaque jour, peu importe l'occasion se présentant. Je me sentais vibrante de vie à danser aux bras du baron Munro d'abord, puis consternée par ma capacité à me tenir auprès de lui, malgré cet aura qui planait au-dessus de nos têtes à l'instant même où nos mains entrèrent en contact. Je fermai même indolemment les yeux pendant quelques instants, me laissant entraîner par les pas coordonnés et confiants du seigneur de Warminster, ces pas que je connaissais sur le bout de mes doigts. La danse avait cet effet salvateur sur moi comme lorsque je me retrouvais immergée dans un bain ou un bassin d'eau quelconque croisant mon chemin. Les deux, maintenant, prenaient un sens différent au contact du chevalier, diffusant une sensation moins sauvage en mon sein, plus un doux désir inavouable que l'on parvenait à gérer gaiement, devant tous, malgré cette envie qui me narguait au souvenir de ses lèvres pleines, arborant en ce moment même un léger sourire. Sans doute se trouvait-il dans le même état d'esprit que moi pour prendre la chose avec un sourire, alors que je revenais à lui, sa main sur ma taille, alors que je lui avouais à mi-voix mon ressenti...

    « J'ignorais que vous étiez si bonne danseuse, madame. D'où tenez-vous ce talent? ». Je souris en m'éloignant, contournant une dame de la cour pour revenir près de mon cavalier. Je n'usai pas de la parole par manque de volonté et de temps, me contentant d'accepter de céder le jeune seigneur à sa soeur, me dirigeant à leur gauche, sans regards à la dérobée. L'intensité de la danse précédente m'assaillit bien assez tôt, réalisant que j'avais les joues rosies de la ferveur que je mettais dans chaque pas de danse, les jambes éreintées de cette après-midi en forêt, les fesses endolories par la selle habillant le cheval du seigneur Percereth. Cette douce fatigue physique força mon esprit à lever le drapeau blanc, quittant à regrets le courtisan qui me baisa la main, le regard vif et malicieux. Il me sembla alors déplacé de reprendre place, là où le baron divertissait les foules avec des femmes qui buvaient ses paroles. Je me contentai d'aller prendre ma coupe de vin, y trempant les lèvres, plus désireuse d'un verre d'eau fraîche que de ce breuvage qui me rendait encore plus irréfléchie que je pouvais l'être d'emblée. Je m'éloignai, saluant courtoisement en chemin la duchesse de Lyness, femme du seigneur Aidan, alors qu'elle sermonnait doucement sa jeune fille. Mon regard se braqua ensuite vers l'endroit précis où se diffusait les parfums épicés des victuailles offertes généreusement par la cour de Warminster. J'y aperçu à mi-chemin le seigneur Percereth, semblant indécis sur ce qui le tentait davantage. Amusée, autant par lui que par cette inhabituelle hésitation, je m'esclaffai légèrement derrière lui, ce qui attira son attention. Je fléchis l'échine comme il était convenance à sa cour, devant les seigneurs des lieux, puis rétorquai d'une voix qui trahissait mon amusement « Pardonnez-moi cette interruption, messire, mais si le choix vous semble impossible, céder à la tentation de goûter à ces deux chefs d’œuvre de vos cuisiniers. Ils sont tous deux exquis, vous pouvez me croire ». Le domestique baissa la tête en me remerciant du regard, puis s'excusa pour répondre à un seigneur ventru qui venait de l'Est de Warminster, avais-je pu comprendre précédemment. Levant la coupe que je tenais encore finement entre mes doigts, je lui adressai un sourire « À la vôtre, monseigneur ».
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MessageSujet: Re: ALPHÉDOR ∞ reconcile the violence in your heart (terminé)   ALPHÉDOR ∞ reconcile the violence in your heart (terminé) - Page 2 EmptyMar 28 Aoû - 16:03

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Un rire angélique parvint jusqu'à mes oreilles, ce qui me fit me retourner, le verre à la main. Erica fit une légère révérence pour me saluer à la manière des saluts entre personnes de même rang. Je lui rendais la pareille, la regardant s'approcher de moi. « Pardonnez-moi cette interruption, messire, mais si le choix vous semble impossible, céder à la tentation de goûter à ces deux chefs d’œuvre de vos cuisiniers. Ils sont tous deux exquis, vous pouvez me croire ». Je lui souris, ne remarquant même pas le cuisiner s'éclipser. Je me sentais encore incroyablement attiré par elle, par son sourire, par sa peau qui semblait refléter la lumière de l'éclairage avec une exactitude divinement parfaite. Elle leva son verre, puis m'adressa de nouveau la parole. « À la vôtre, monseigneur ». Je levais mon verre avec le sien, je trainquais avec elle, puis je portais la boisson amer à mes lèvres. « Comment trouvez-vous le banquet, madame? A la hauteur de vos attentes, j'espère. » C'était encore une fois une conversation faite pour meubler et me distraire. Je laissais mes yeux vagabonder sur les traits de son visage, la courbure de sa joue, la couleur de ses yeux, le volume de ses clavicules. Reportant ensuite les yeux sur le banquet où une toute autre sorte d'orgie s'imposait à moi, je décidais d'opter pour le canard aux pommes. Elle m'avait dit de ne pas me borner à choisir, de simplement prendre les deux. N'était-ce pas ce que j'étais en train de faire finalement? Je l'avais elle, du moins essayais-je de m'en convaincre. Non. Elle était indomptable, elle avait ce côté sauvage qui vous faisait penser qu'elle était accessible, mais elle prenait un plaisir tel à vous repousser et à faire accroître vos ardeurs qu'elle était sauvage en cela. Sauvage, indomptable, inaccessible. Ce qui rendait la chose encore plus vibrante d'interdiction. Et à l'opposé, dans un autre genre interdit, il y avait ma chère et tendre Adelosa. Elle avait toujours eu et aura toujours une place à part dans mon coeur. Si entre Erica et moi, nous nous comprenions, nous nous anticipions et nous vivions à grands frissons ce jeu de la séduction et de la passion, avec Adelosa, c'était tout autre. Elle était pure, douce et innocente. Elle allait vite être déçue par la réalité de la vie et de sa condition, et j'étais impuissant face à cela. Deviendrait-elle comme Erica, indépendante, forte? Elle aurait du mal à s'imposer au début, mais une fois qu'elle aura compris comment le jeu marche, elle ne se laissera pas marcher dessus. Je serais son homme de main, son confident. Je deviendrai n'importe quoi pour elle. Elle n'avait qu'à le demander. Je buvais une autre gorgée de mon vin, sentant une douce et familière brûlure descendre le long de ma gorge. Mon regard se porta sur Adelosa, qui était captivée par les propos d'un comte quelconque qui se présentait à notre tablée. Je me portais contre la table du buffet, croisant les bras. « Ma soeur va bientôt être mariée, voyez-vous. A une quelconque brute simplement dans le but d'une alliance politique. Il pourra la brutaliser, abuser d'elle et cela sera complètement légal. Mais cela n'a aucune importance, n'est-ce pas? Nous aurons un nouvel allié. » Rageusement, je serrais mon verre et le termina. Je venais de me confier sans faire attention, sur un sujet que je n'évoquais que rarement.
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Erica Southminster
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MessageSujet: Re: ALPHÉDOR ∞ reconcile the violence in your heart (terminé)   ALPHÉDOR ∞ reconcile the violence in your heart (terminé) - Page 2 EmptyMer 29 Aoû - 3:20

    ALPHÉDOR ∞ reconcile the violence in your heart (terminé) - Page 2 Tumblr_m7y3gdsQ9l1rblmpdo1_500
    Je parvenais sans trop de mal à me présenter devant lui, compte tenu de la distance respectueuse, sans démontrer une trop grande familiarité. J'avais l'impression de jouer un personnage, une énième pièce de théâtre, une comédie pour toute gens ayant possiblement un sixième sens pour le subterfuge. D'accord, ces cordialités me seyaient aux premiers abords, mais je me montrais nettement plus franchement agréable que dans mes habitudes. Je me montrais toujours courtoise, ne démontrant jamais le moindre agacement ou désagrément à moins que ce dernier devienne intolérable. On m'avait élevé ainsi, on sauvait les apparences, on ne se jetait pas sciemment dans la fosse aux lions sans se battre bec et ongles. Ma bataille à moi, maintenant, c'était de reprendre le contrôle de mes plus bas instincts et d'agir en dame. Ce que j'arrivai à faire, sans doute détendue par la légèreté du baron Munro, par la délicieuse nourriture que l'on m'avait servi, l'ambiance chaleureuse du château de Warminster, la divine mélodie qui résonnait encore à mon oreille et la danse. Je ne m'en serais guère cru capable il y a quelques heures de cela, en émoi dans ma baignoire. Là, maintenant, le liquide grenat commençait à faire son chemin dans mes veines pour simplement me délasser davantage. Pas une goutte de plus ne devrait franchir mes lèvres, je détestais l'idée même de perdre le contrôle en règle générale. Ce trouble que me causait certaines personnes, dont le chevalier, faisait exception à la règle. J'étais une ménagère exemplaire, une tenancière de maison impeccable. J'aimais l'ordre, j'aimais que les choses fussent bien faites, quitte à m'en charger moi-même et confondre certains serviteurs plus paresseux que d'autres. Je menais ma vie d'une main de fer sur ce dont j'avais le droit de regard, quant au reste, je m’accommodais sans mot dire, sans broncher, accepter mon sort comme une femme noble et éduquée sait le faire: avec finesse et complaisance. Ce soir, j'étais parée à être cette épouse parfaite que j'aurais aimé être, pieuse, posée et charmante. Une créature exquise dont l'on aurait guère à se méfier, une femme comme celles de la cour, ne serait-ce qu'affublée du titre de princesse. On me traitait avec égard à mon rang, me souriant et s'intéressant à mon domaine de Southminster. Je n'étais pas une menace, je n'étais qu'une femme de noble qui parcourait le royaume sous les ordres de son mari. Aucune pression, je n'avais pas à impressionner qui que ce soit, ils croyaient déjà tout savoir de moi d'emblée « Comment trouvez-vous le banquet, madame? A la hauteur de vos attentes, j'espère ». Si je me remettais plutôt bien de ces vives émotions que l'on eut à traverser tous deux plus tôt dans la journée, je me surpris à penser que ce n'était pas le cas de Percereth, du moins il semblait renfrogné, songeur et absent. Peut-être était-il simplement moins bon menteur que je pouvais l'être... « Votre frère a été trop aimable de me donner tant d'importance, monseigneur. J'aurais pu - et peut-être du - être déjà loin en cette douce soirée estivale ». J'arquai un sourcil en croisant son regard. Je me demandai à l'instant ce qui pouvait lui causer si immense tracas, sachant pertinemment que je ne le saurai sans doute jamais.

    Je déposai ma coupe sur le buffet, demandant à un serviteur de la remplir d'eau. En un clin d'oeil, on accéda à ma demande et je me gorgeai donc de ce liquide béni qui me rafraîchit en un instant. Replaçant une mèche de cheveux qui chatouillait mon visage, j'arquai mon corps dans une toute autre direction, faisant dos à ce buffet vers lequel lui-même était face. J'observai la pièce, aperçu le duc et la duchesse de Lyness au centre de la piste de danse. À première vue, ce genre de spectacle ne devait pas être si fréquent que de nombreux regards s'intéressaient également à eux. Je fis courir sur les courtisans de la cour, ainsi que les dames, mon regard, les couvrant d'un intérêt amusé de les voir ainsi folâtrer dans les limites des convenances alors que la soirée avançait, le vin se consommant avec de moins en moins de modération. L'ambiance se réchauffait, et je me retrouvai à contracter la mâchoire. Je n'avais pas besoin d'une atmosphère qui troublerait ma sérénité actuelle, quoique relative. L'alcool faisait perdre le sens des gens, et les plus pieux devenaient des porcs sous le joug du vin et de la bière. Mon regard se fit légèrement moins indulgent que je fus dérangée dans ma consternation par la voix du seigneur de Warminster qui venait lui-même de faire volte-face, du moins aux trois-quart, les yeux rivés sur la table d'honneur « Ma soeur va bientôt être mariée, voyez-vous. A une quelconque brute simplement dans le but d'une alliance politique. Il pourra la brutaliser, abuser d'elle et cela sera complètement légal. Mais cela n'a aucune importance, n'est-ce pas? Nous aurons un nouvel allié. ». Cela tilta enfin à mon esprit embrumé. Son tourment. Son tempérament morose. Son air distrait. Je passai la langue sur mes lèvres, observant à mon tour cette douce fleur qu'était la perle cadette des Percereth. Elle avait la grâce d'un cygne, la finesse d'une perle et la douceur d'une hirondelle. Je compris bien ce qu'il entendait par-là, n'ignorant en rien ce que ce genre de mariage apportait à la femme duquel venait le marché. L'intuition que j'avais d'elle m'apparaissait une fleur qui avait été surprotégé - nul doute que le seigneur Alphédor avait à y voir - et qui serait blessée par la dureté de la réalité lorsque le nuage sur lequel on l'avait élevé s'amenuiserait pour lui faire toucher le sol. Résignée à ne pas avoir l'audace ni même le droit de requérir son attention en lui attrapant le visage du bout des doigts, je le forçai à me regarder en me plaçant devant lui, braquant mon regard dans le sien « Si la demoiselle possède même le tiers de votre courage, votre volonté et votre force de caractère, je vous assure, messire, qu'elle nagera dans cet univers typiquement féminin comme un poisson dans l'eau ». Sa coupe était vide, à nouveau. D'un regard entendu, on la lui remplit de nouveau. D'eau, cette fois. Je la lui tendis, le regard sévère « Buvez, chevalier, il ne fait pas bon de consoler les blessures de l'âme avec le vin ». Il valait clairement mieux que ces ivrognes qui ressassaient leur moment de gloire au fond de leur chope de bière. Sa préoccupation pour le sort de sa soeur me touchait plus que je ne saurais le dire, comme j'aurais voulu que mon propre frère se soucie suffisamment de moi pour quémander parfois quelque nouvelle... « Ce ne sera pas facile pour elle, ça ne l'a pas été pour moi et j'y étais préparée depuis bien longtemps. À son âge, j'étais déjà loin du toit de mes aïeuls ». Je chassai mon ton légèrement mélancolique en secouant la tête, relevant le menton pour regarder de nouveau le seigneur de ces terres « Je me proposerais volontiers pour l'accompagner dans cette aventure, mais cela serait déplacé. Lady Deirdre n'a-t-elle pas elle-même traversé pareille épreuve avant de se retrouver liée devant Dieu à votre aîné? ».
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Alphédor Percereth
Alphédor Percereth
CHEVALIER DE WARMINSTER
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MessageSujet: Re: ALPHÉDOR ∞ reconcile the violence in your heart (terminé)   ALPHÉDOR ∞ reconcile the violence in your heart (terminé) - Page 2 EmptyJeu 30 Aoû - 7:38

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I want to reconcile the violence in your heart I want to recognize your beauty's not just a mask I want to exorcise the demons from your past I want to satisfy the undisclosed desires in your heart

Adelosa riait toujours, un verre à la main, naviguant entre les différentes tables. Les fêtes semblaient être son élément, au moins quelque chose de connu qui lui sera d'un réconfort relatif lorsqu'elle sera mariée. Mes jours avec elle étaient comptés, et je détestais me lever chaque matin avec cette même impression d'un étau autour de ma gorge qui se resserrait à chaque minute qui passait. « Votre frère a été trop aimable de me donner tant d'importance, monseigneur. J'aurais pu - et peut-être du - être déjà loin en cette douce soirée estivale » Perdu dans mes pensées, j'avais presque oublié ma question, et je me tournai vers elle lorsqu'elle me répondit. Oui, elle aurait sans doute du continuer sa route. Mais désormais, le supplice de sa présence semblait plus supportable maintenant que des pensées noires étaient entrées dans mon esprit. Adelosa avait toute mon attention, et même si j'essayais de m'en détacher et de jouer l'homme décontracté à propos du mariage de sa soeur, mon échec était plus cuisant encore à chaque fois que je croisais son regard. Je buvais une nouvelle gorgée de vin, en me surprenant à vouloir que ce soit une boisson plus forte et assommante.

Ma plainte ne trouva pas de réponse auprès d'Erica tout de suite. Je continuais à fixer Adelosa, sentant une profonde tristesse mêlée à de la frustration de ne pas pouvoir la protéger comme je l'avais juré. Soudain, Erica apparut devant mon regard, et je plongeais mes yeux dans les siens. « Si la demoiselle possède même le tiers de votre courage, votre volonté et votre force de caractère, je vous assure, messire, qu'elle nagera dans cet univers typiquement féminin comme un poisson dans l'eau » Je ne sais pas pourquoi, mais si je sentais l'envie d'Erica de me réconforter, cela n'eut pas cet effet là sur moi. Je me sentais encore plus perdu, surtout parce qu'elle rappelait notre connexion si unique, si particulière. Connexion à jamais rompue incessamment sous peu. Pouvais-je lui dire? Je portais le verre à mes lèvres avant de m'apercevoir qu'il était vide. Pourrais-je lui dire à elle? On m'en tendit un, remplit d'eau. Je dissimulais un sourire. « Buvez, chevalier, il ne fait pas bon de consoler les blessures de l'âme avec le vin » Elle avait peut-être raison, mais le vin avait une office plus délectable à faire que l'eau, eau qui jamais ne pourra assumer le même rôle que cette boisson amère. « Ce ne sera pas facile pour elle, ça ne l'a pas été pour moi et j'y étais préparée depuis bien longtemps. À son âge, j'étais déjà loin du toit de mes aïeuls » J'en étais presque venu à oublier qu'elle avait vécu la même chose. Quel idiot j'étais à ressasser ses souvenirs. Cela n'avait pas du être facile pour elle non plus et voilà que je me lamentais sur le sort de ma soeur, comme si son passé ne m’intéressait pas. La gorgée d'eau fraîche suivante me calma un petit peu. « Je me proposerais volontiers pour l'accompagner dans cette aventure, mais cela serait déplacé. Lady Deirdre n'a-t-elle pas elle-même traversé pareille épreuve avant de se retrouver liée devant Dieu à votre aîné? » Je me tournais vers elle, le verre à la main. Si elle avait pu, je l'aurais volontiers placée aux côtés d'Adelosa. Erica avait l'expérience de ce genre de situation, et il était inutile de préciser qu'Adelosa serait plus en sécurité avec elle. « Bien entendu. C'est trait courant chez la noblesse. J'aurais juste aimé que ça n'arrive pas à Adelosa. Ou même à vous. » Nous parlions à coeur ouvert, l'un à l'autre, sans aucune gêne. Après tout, nous nous connaissions déjà parfaitement bien. Avions-nous alors fait les choses à l'envers? « Rien de tout ceci n'est juste, mais je ne peux rien y changer. Tout ce que je peux faire c'est courber l'échine et attendre que ça passe. » J'étais impuissant. Il aurait été plus facile de partir loin et oublier tout ceci, ne pas avoir à supporter sa gaieté tous les jours, sachant pertinemment ce qui l'attendait. Mais ceci était l'attitude d'un lâche et d'un parjure. J'avais des promesses et des obligations. Et puis, j'étais un chevalier. Je bus une nouvelle gorgée, serrant le verre dans ma main, le regard distraitement posé sur la jeune Percereth. « J'ai toujours juré de la protéger, peu importe l'ennemi. Mais comment puis-je le faire si elle est à les centaines de lieues de moi? » La question était rhétorique et n'attendait pas de réponse. « J'aurais aimé que vous puissiez l'aider. Elle ne soupçonne pas ce qui l'attend. Elle aura besoin de soutien, c'est indéniable. » Soudainement, je me rendis compte de ce que je disais, et avec un rire nerveux, je repris. « Vous devriez peut-être songer à trouver une meilleure compagnie, je crains que la mienne ne soit sans grand intérêt ce soir. »
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Erica Southminster
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MessageSujet: Re: ALPHÉDOR ∞ reconcile the violence in your heart (terminé)   ALPHÉDOR ∞ reconcile the violence in your heart (terminé) - Page 2 EmptyJeu 30 Aoû - 20:21

    ALPHÉDOR ∞ reconcile the violence in your heart (terminé) - Page 2 Tumblr_m7y3gdsQ9l1rblmpdo1_500
    Il était étonnant ce que l'on pouvait apprendre d'autrui avec le simple sens de l'observation. C'était un don de femme que de savoir lire avec les yeux les tourments du coeur, c'était une capacité que les hommes ne pouvaient avoir par manque de cette patience essentielle à la compréhension d'autrui. Était-ce la raison pour laquelle certaines femmes avaient la main mise sur leurs maris derrière les lourdes portes de leurs appartements? Peut-être, si cela était joué à l'aide d'un penchant pour la séduction et la sensualité, alors l'homme ne serait pas vaincu de la pointe d'une épée, mais avec la douceur et l'intelligence du sexe dit faible. Le silence était une arme en soi, un regard vif aussi poignant qu'une lame chauffée à blanc. Une dame pouvait se servir de cet avantage à sa discrétion, pour faire le bien ou le mal, du moins selon sa vision des choses. Était-ce bien ou était-ce mal de tenter de comprendre ce qui torturait tant le seigneur qui avait tant à offrir et qui conservait tout pour des étreintes à la dérobée? Comment pouvait-il pris femme d'emblée, alors qu'il était considéré comme l'un des meilleurs partis de ce coin de pays?

    Cela sembla devenir plus tangible à le voir agir, là, maintenant, près d'un banquet de corps, mais son âme accompagnant les faits et gestes de sa cadette. Son humilité, sa loyauté, son amour pour la jolie Adelosa transpirait chaque pore de son corps. Son inquiétude était touchante, on aurait pu déposer les doigts sur les nombreux tourments et inquiétudes qui assaillaient le chevalier. Nul doute était-il trop personnellement investi dans ce périlleux combat qu'est la vertu d'une femme, qui plus est sa cadette, mais qui étais-je donc pour le lui avouer? La famille est la chose la plus précieuse que l'on possède, on ne la choisit certes pas, on la subit, mais quoi qu'il en soit, on lui est obligé et redevable. Si une fratrie ne sait pas se tenir, alors la famille n'était plus rien et valait mieux offrir notre blason aux brigands plutôt que de prétendre encore en être digne. La famille et ce que l'on est prêt à faire pour elle, sacrifier sa vie pour une paix durable ou une alliance indissoluble, devant Dieu et consommée ensuite dans un lit le soir même. Oh, pour savoir ce qui se présageait à l'horizon pour la courtisane Percereth, je pouvais l'imaginer à ma guise. Encore me persuadais-je que je pouvais me tromper et qu'elle puisse, par la miséricorde de Dieu, être plus heureuse que la plupart d'entre nous... « Bien entendu. C'est trait courant chez la noblesse. J'aurais juste aimé que ça n'arrive pas à Adelosa. Ou même à vous ». Il était bel et bien un chevalier, l'un de ces derniers représentants de ces nobles valeurs que son la chevalerie, et sa galanterie n'avait d'égal qu'à la beauté de ses traits « Rien de tout ceci n'est juste, mais je ne peux rien y changer. Tout ce que je peux faire c'est courber l'échine et attendre que ça passe ». Je lui adressai un sourire compatissant, secouant légèrement la tête « Vous ne pouvez malheureusement pas contrôler les convenances de notre époque, messire. Rappelez-vous que certaines sont plus à plaindre que votre soeur et moi-même... ». Ces filles de joie qui vendaient leur corps pour se remplir le ventre. Ces femmes violées par leurs pairs qui se faisaient jeter à la rue. Ces demoiselles qui meurent anonymement pour avoir été battue à mort par un mari qui n'a aucun compte à rendre à personne. J'étais persuadé qu'il serait là pour sa soeur, veillant dans l'ombre pour son salut et les traitements qu'elle subirait. Il devrait cependant apprendre à laisser aller, car tout dans un mariage qui n'est pas torture n'est pas nécessairement agréable « Je vous soupçonne de plier l'échine qu'aux valeurs que vous embrassez, monseigneur, et en cela je vous admire ». Rien ni personne ne pouvait panser les blessures d'orgueil que lui affligeait ces nouvelles, et je ne me prétendais pas être capable d'un tel miracle. Le raisonner, sans doute le ferait-il tout seul le jour où sa jeune soeur passerait la porte du château de la famille pour rejoindre la seigneurie de celui qu'elle avait pris pour mari. Qui prend mari prend pays, dit-on. Cela m'arracha un léger sourire alors que le bruit se faisait plus sourd autour et que je terminais l'eau de ma coupe « Vous devriez peut-être songer à trouver une meilleure compagnie, je crains que la mienne ne soit sans grand intérêt ce soir ». Je ris doucement, relevant mon menton pour croiser son regard. Ma main frôla la sienne avant que je ramenai mes doigts sur ma robe « J'apprécie votre compagnie, messire, et peu m'importe que votre ton soit joueur ou mélancolique ». Regardant autour de nous, les gens arrosant encore leurs coupes à même de larges amphores de vin, j'arquai le sourcil « De plus, vous semblez être, même dans vos tourments, le plus à même de tenir compagnie à une dame en ce moment ». Je lui adressai un sourire complice, puis tenta de m'éventer de ma paume. Il commençait à faire bien chaud dans cette salle...
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Alphédor Percereth
Alphédor Percereth
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MessageSujet: Re: ALPHÉDOR ∞ reconcile the violence in your heart (terminé)   ALPHÉDOR ∞ reconcile the violence in your heart (terminé) - Page 2 EmptyDim 2 Sep - 8:48

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Etait-ce finalement ceci, la punition divine? Pouvoir la voir danser, la voir sourire, puis la voir s'effacer, de la fille à la femme mariée, petit à petit, lentement et sans pouvoir y remédier... Tout cela sans pouvoir la toucher, sans pouvoir la prendre dans mes bras pour l'aimer et la réconforter? On me refusait son toucher, constamment, que ce soit la bienséance ou le destin, et voilà qu'on me le refuserait à jamais. Bien entendu, je la respectais trop pour prendre son innocence. Les conséquences seraient désastreuses, pour a famille pour le royaume. Les rumeurs ne tarderaient pas à jaillir, certaines vraies, certaines fausses. Et puis, Adelosa était un bijou trop rare pour ne penser qu'à elle partageant ma couche, je pensais à toutes le fois où nous parlions de tout et de rien, divaguant sur un sujet et un autre. Elle était cultivée, elle avait lu ses livres, elle pensait connaître tout de l'amour et de la vie. Parler avec elle était un plaisir pour les yeux et les oreilles. En cela, Erica était pareil. Elle était plus âgée, plus expérimentée, plus instruite encore. Bien sûr, ce qui me liait à elle était au moins aussi sauvage que bestial, même si jamais je ne lui avais manqué de respect. J'étais un chevalier, après tout.

« Vous ne pouvez malheureusement pas contrôler les convenances de notre époque, messire. Rappelez-vous que certaines sont plus à plaindre que votre soeur et moi-même... » Je hochais la tête, plongeant mes lèvres dans l'eau fraîche. Les filles de joie, qu'elles soient à la rue ou au contraire au service des nobles, n'étaient pas mieux loties.La plupart avaient plus ou moins choisi cette vie, n'ayant pas d'autre solution pour survivre. Je ne trouvais pas cela plus injuste ou pire que le mariage, mais je n'y avais jamais pensé sous cet angle. J'avais beau être un homme à femmes, j'aimais les plaisirs de la chair, cela ne signifiait pas que j'allais vois les prostituées. Je n'étais pas consommateur de ce genre de friandises, préférant une relation complète et sur le long terme, sans forcément bien se connaître. Je respectais beaucoup les femmes, et si une me faisait moins bonne impression, je ne me lançais pas. Je n'étais pas comme beaucoup d'autres, à mon grand dam ou bonheur.

« Je vous soupçonne de plier l'échine qu'aux valeurs que vous embrassez, monseigneur, et en cela je vous admire » Je lui souris, moyennement convaincu. « Croyez-moi, je finis par plier l'échine lorsque d'autres facteurs sont en jeu. Et ce ne sont pas forcément les valeurs qui me tiennent à coeur. » Doucement, le long de la table de buffet, mes doigts bougèrent un peu en sa direction. Je les fixais un instant, remontant le long de son bras à elle, sentant mon coeur rater un battement lorsque je me souvenais de ce qu'il y avait derrière ce tissu. Je finis par détourner le regard, pas le gêné pour le moins du monde. « Et je crois que ne nous sommes pas si différents. » Etait-ce cela qui nous avait rapproché au final? Avions-nous su dès le début que nous étions semblables? Elle qui avait hanté mes nuits de nombreuses fois, savait-elle qu'elle trouverait âme semblable en la mienne? Je ne l'avais jamais su, mais je m'en rendais compte petit à petit. Nous fuyons ensemble une réalité qui nous dépassait. Nous avions beau soutenir deux candidats différents, nous étions supporteurs des mêmes valeurs. Elle avait parfois l'air plus terre à terre que moi, alors que j'étais plus fantasque. Et parfois les rôles s'inversaient. J'ignorais de quoi elle était faite, mais je la soupçonnais d'être la matière brute d'un des plus beaux joyaux.

« J'apprécie votre compagnie, messire, et peu m'importe que votre ton soit joueur ou mélancolique. De plus, vous semblez être, même dans vos tourments, le plus à même de tenir compagnie à une dame en ce moment. » Elle me sourit, et je souris à mon tour. Sa main avait frôlé la mienne, dans un contact interdit. J'avais bien tenté d'attraper ses doigts dans les miens, mais à présent, elle avait ramené ses doigts sur sa robe, m'empêchant tout contact défendu. Je regardais autour de nous. Personne ne nous prêtait attention. Finalement, la soirée commençait réellement maintenant, alors que des danseuses dénudées commençaient à cesser leurs danses pour se rapprocher des nobles. Quelques uns dansaient encore, mais plus vraiment. La musique était plus chaotique alors que le ménestrel n'observait plus que les courbes d'une jeune femme à la robe pourpre. Je me sentis coupable brusquement, de tenir de telles pensées qui venaient de ressurgir vis à vis d'Erica. Nous avions fait le serment de ne plus se voir pour aujourd'hui. Nous l'avions déjà brisé. Se tenir près d'elle était déjà une torture. De plus, personne ne nous prêtait attention. Il serait facile pour elle de s'éclipser et pour moi de la rejoindre. Dans ses appartements, dans les miens, dans le couloir, dans l'escalier, dans les cachots, peu m'importait l'endroit pourvu que nous étions tous les deux. Je me glissais vers elle, lui soufflant dans un souffle, tendant ma main tremblante vers ses doigts. « M'accorderiez-vous une nouvelle danse madame? » Une danse sous la lumière de la lune. Une danse à l'abri des regards. Une danse que nous connaissions par coeur, et dont nous ne nous lassions pas pour autant. Une danse qui nous appartenait, qui nous définissait. A prononcer ces mots qu'elle trouverait équivoques sans doute, mon coeur se gonfla alors que je frémissais d'une impatience retrouvée.

Spoiler:
 
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Erica Southminster
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MessageSujet: Re: ALPHÉDOR ∞ reconcile the violence in your heart (terminé)   ALPHÉDOR ∞ reconcile the violence in your heart (terminé) - Page 2 EmptyLun 3 Sep - 17:29

    Le calme précédait toujours la tempête, c'était bien connu. Moi qui me sentait enfin libérée de la lourde étreinte de ce désir démesuré que le seigneur Percereth m'inspirait que je me retrouvais de nouveau trop près, trop capable de glisser mes doigts entre les siens à la dérobée, espérant de tout coeur que ces bonnes gens étaient bien trop abreuvés du vin capiteux offert par Warminster pour y remarquer le geste indiscret. J'étais persuadée que cet échange plus sérieux, concernant un sujet délicat comme la cadette du chevalier pourrait éviter à mon esprit de s'embrumer de nouveau et de se laisser tenter par cette passion capiteuse qui ne cessait de revenir encore et encore pour quémander qu'on lui cesse de nouveau. Suis-je la première à avoir céder à l'envie de frôler du bout des doigts la moindre parcelle de chair que l'étoffe ne couvrait pas? Était-ce vraiment important de le savoir, ou était-ce à nouveau une manière de tenter d'apaiser la culpabilité et l'envie entremêlées ensemble pour un mélange explosif à même ma tête? Peut-être était-ce cela, au fond, l'art de se damner, ne pas apprendre de ses erreurs en ayant une profonde et intarissable envie de les répéter encore et encore jusqu'à ce qu'aucun souffle, qu'aucun mot et qu'aucun geste ne puisse plus panser les souffrances affligées...

    « Croyez-moi, je finis par plier l'échine lorsque d'autres facteurs sont en jeu. Et ce ne sont pas forcément les valeurs qui me tiennent à coeur ». Je suis friande de ce caractère chevaleresque qu'il possède, même en moment de pure et délicieuse damnation. Je suis subjuguée par son calme, sa témérité et sa manière de manier les mots comme une arme ou comme une caresse. Alphédor Percereth possède de ces qualités rares qu'il gagnerait foncièrement à faire profiter à une femme, une femme qui serait sienne corps et âme, une femme qui n'aurait pas une alliance au doigt qui ramène à son allégeance à un autre. Je ne suis pas celle qu'il lui faut, et il n'est pas celui qu'il m'aurait fallu, du moins essayais-je de m'en convaincre et ainsi c'était plus tolérable de ramener mes doigts contre l'étoffe de ma robe au lieu de lui laisser le bénéfice du doute et de les enserrer entre les siens. Ce fut mon bras qui fut témoin de ce geste de la paume qui vint me frôler, faisant naître un frisson dans le creux de mes reins. Mon regard se faisait à la fois velours et timide, hésitant entre l'envie d'attraper sa paume dans la mienne et de la remettre sur son corps, corps que mes doigts connaissaient maintenant si bien que je me soupçonnai d'être capable d'en dessiner les lignes... « Et je crois que ne nous sommes pas si différents ». J'avalai péniblement ma salive tandis que mon coeur ratait un battement. Je relevai ainsi les yeux, presque avec douleur, croisant son regard sincère et intense « Pas si différents, messire... ». Je réfléchissais à la portée de ses paroles, et chaque réflexion me faisait pencher sur un flot de pensées toutes plus impies les unes que les autres...

    Sa main entre dans mon champ de vision. Me suis-je réellement si longuement perdue dans mes pensées? Cela ne serait pas la première fois, mais tout de même.. est-ce le vin, ou lui qui me donne cette sensation étrange qui embrume mon esprit? Je le soupçonnais d'être la cause, lui et sa paume offert à mon regard, alors que je mordais l'intérieur de ma joue pour avoir la présence d'esprit de relever le menton pour attraper au vol ce regard qu'il me réservait « M'accorderiez-vous une nouvelle danse madame? ». Je reste pantoise un instant avant de, doucement, insérer ma main dans la sienne, non sans en profiter pour faire courir mes doigts dans sa paume avant d'imbriquer mes doigts entre les siens. D'un geste, je l'invitai vers le balcon, où la lune et les nuages se partageait le plafond céleste. La chaleur était suffocante, et il dégageait lui-même quelque chose qui n'apaisait pas le rose qui me montait aux joues. Une fois le pan de la porte passée, je portai sa main à mes lèvres, déposant un baiser sur nos doigts emmêlés « Vous me rendez capable du pire comme du meilleur, monseigneur, et honnêtement je ne sais plus qu'en penser ». Je n'eus pas à pousser ma réflexion que sa bouche se substitua à sa main, quelques secondes plus tard, me repoussant contre le mur de pierre, bercés dans ce vice charnel par une nuit illuminée par les astres, une nuit douce et paisible pour certains, un énième début de la fin pour d'autres - comme nous.


    FIN
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